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	<title>Les &#233;crans Salamandre</title>
	<link>http://www.ecrans-salamandre.com/</link>
	<description>Site des Ecrans Salamandre, association r&#233;gionale de Franche Comt&#233;, f&#233;d&#233;rant une trentaine de cin&#233;mas pour favoriser la diversit&#233; de programmation des films, la d&#233;couverte d'un cin&#233;ma diff&#233;rent et novateur...</description>
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		<title>Les &#233;crans Salamandre</title>
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		<title>LE CHEMIN NOIR</title>
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		<dc:date>2012-05-18T14:00:27Z</dc:date>
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		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>SYNOPSIS De la campagne paisible aux paysages sid&#233;rurgiques sinistr&#233;s de Lorraine, sur la trace d'un pass&#233; enfoui, le chemin noir traverse la France d'aujourd'hui et celle d'hier. &#224; travers un destin individuel s'y raconte une histoire collective, celle de l'immigration alg&#233;rienne en France. Aux sons du jazzman Archie Shepp, l'enfance du r&#233;alisateur rena&#238;t et avec elle son cort&#232;ge de fant&#244;mes : les vieux Arabes invisibles, le m&#233;tal en fusion. &#192; PROPOS DU FILM &#171; Je suis europ&#233;en, tout va bien. Je (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SYNOPSIS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;De la campagne paisible aux paysages sid&#233;rurgiques
sinistr&#233;s de Lorraine, sur la trace d'un pass&#233; enfoui,
le chemin noir traverse la France d'aujourd'hui
et celle d'hier. &#224; travers un destin individuel s'y raconte
une histoire collective, celle de l'immigration alg&#233;rienne
en France. Aux sons du jazzman Archie Shepp, l'enfance
du r&#233;alisateur rena&#238;t et avec elle son cort&#232;ge de
fant&#244;mes : les vieux Arabes invisibles, le m&#233;tal en fusion.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; PROPOS DU FILM&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Je suis europ&#233;en, tout va bien. Je crains cependant
que ce ne soit un peu plus compliqu&#233;. N&#233; dans un pays
&#224; l'identit&#233; incertaine, l'Alg&#233;rie, je vis en France et
mes parents se meurent l&#224;-bas&#8230; &#224; l'&#233;tranger.
Il y a de la couture &#224; faire. Il y a un fil secret qu'il faut
que je suive. Les lieux de mon enfance sont en miettes.
L'usine n'y est plus, mais sa lave brille encore dans
mon esprit, comme une veilleuse.
&#192; sa lumi&#232;re, j'ai vue sur tous ceux dont je suis. &#187;
Abdallah Badis&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Entretien
Abdallah
Badis -
Julie
Bertuccelli &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est une affaire
de p&#232;re et fils,
de pays de naissance et pays d'accueil.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; Le petit Poucet, la petite
Poucette, les deux enfants,
le chemin de feuilles, cette part
de fiction, de conte presque, avec
toi comme acteur, comment t'a t-elle
paru n&#233;cessaire pour encadrer le
documentaire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; Je n'ai pas voulu inscrire
le film dans le bazar social
franco-fran&#231;ais qu'encadrent les
mots &#171; immigration &#187; et &#171; identit&#233; &#187; .
J'ai souhait&#233; que le spectateur baisse
les armes du sens pour &#234;tre d'abord
sensible, qu'il se laisse emmener
en douceur. On vit dans un monde
o&#249; c'est devenu tout &#224; fait ordinaire
de na&#238;tre &#224; un endroit, de grandir
dans un autre, de faire sa vie dans
un troisi&#232;me. L'identit&#233; n'est pas mon
probl&#232;me. Le territoire qu'arpente
le film est un espace courbe o&#249;
pass&#233;, pr&#233;sent, imaginaire et r&#233;el,
tout se m&#234;le. C'est une affaire de p&#232;re
et fils, de pays de naissance et pays
d'accueil. Je n'ai pas de le&#231;on &#224;
donner, plut&#244;t une histoire &#224; partager
et cette histoire commence par
il &#233;tait une fois&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; Pour lancer le th&#232;me de l'exil,
pour lancer un lien entre
deux mondes, deux temps, mettre
une distance pour mieux parler
intimement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; Apr&#232;s que la voix du p&#232;re soit
parvenue jusqu'&#224; ma maison,
c'est le gamin, celui que j'&#233;tais
qui vient se poster &#224; ma fen&#234;tre ;
il me retire de la vie heureuse que
je m&#232;ne et me propose un bout
de chemin avec lui. C'est lui qui va
parler et les deux temps, le sien
et le mien vont marcher de concert.
On est dans la fable. C'est l'enfant
qui parle, ce n'est plus moi, lui ne sait
pas. La distance est l&#224;. Le spectateur
allait quitter la France qu'il conna&#238;t
et rencontrer petit &#224; petit dans les
friches industrielles ce monde
d'o&#249; je viens, les ouvriers, les vieux
et jeunes arabes, et le regard qu'ils
portent sur leur vie, les questions
qu'ils peuvent se poser et aussi cette
Histoire que fran&#231;ais et alg&#233;riens
nous partageons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; J'adore cette id&#233;e de la photo
de la route avec le doigt de
l'enfant qui lance le r&#233;cit personnel&#8230;
une photo qui t'accompagne depuis
longtemps, qui a fait na&#238;tre le d&#233;sir du
film ? Comment ce film est-il devenu
urgent pour toi &#224; faire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; Cette photo je l'ai faite en
1985 lors de mes premi&#232;res
retrouvailles depuis 1972 avec
l'Alg&#233;rie et ma famille. Ma maison
de naissance en Alg&#233;rie est comme
ce &#171; trou dans la nature &#187; dont parle
un artisan dans le Woyzeck de Georg
B&#252;chner ; Elle &#233;tait sous mes yeux
dans ma maison en France et peu
&#224; peu elle est devenue comme un trou
&#224; la t&#234;te. Mes enfants &#233;taient grands,
ma m&#232;re se mourrait, mon p&#232;re allait
mourir lui aussi, il ne restait presque
plus rien des paysages de mon
enfance o&#249; l'usine &#233;tait partout.
Il fallait avant que tout ne disparaisse,
que je tende le doigt de l'enfant que
j'&#233;tais jusqu'&#224; cette maison de terre
battue puis que je trace en image
le chemin qui m&#232;ne jusque-l&#224; o&#249; je
suis aujourd'hui. Pour comprendre
et pour partager.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; Retour sur les lieux, archives,
souvenirs, tout est personnel
ou un m&#233;lange avec d'autres ? Tout
est toujours vrai ou as-tu jou&#233; avec
la fiction pour rendre les t&#233;moignages
plus universels ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; Je n'ai pas la pr&#233;tention de dire
la v&#233;rit&#233;, quelle qu'elle soit.
La v&#233;rit&#233; n'existe pas, il n'y a que des
histoires. Dans une bonne histoire,
la v&#233;rit&#233; est en filigrane, elle est &#224;
chercher entre les lignes. Les contes
des Mille et une nuits s'ouvrent par
la formule &#171; Kan ya makan &#187; qu'on
a traduit par &#171; il &#233;tait une fois &#187; mais
qui veut dire litt&#233;ralement : &#171; il &#233;tait, il n'&#233;tait pas &#187;, c'est vrai mais c'est
faux et inversement. Ce qu'on r&#234;ve
existe autant que ce qu'on a sous
les yeux. Ne faire qu'un film &#224; sujet
ne m'excitait pas. J'aime le r&#233;el
et j'aime la fiction. Dans le cin&#233;ma
que je fais, j'aime que les deux se
tricotent pour se rapprocher du vrai.
J'ai recueilli beaucoup de t&#233;moignages
et le r&#233;cit intime qui court le long
du film en est impr&#233;gn&#233;. Toutes ces
choses que j'ai r&#233;organis&#233;es &#224;
l'&#233;criture font intimement partie
de moi. J'ai de la veine mais je viens
d'un monde o&#249; il y a beaucoup
de &#171; Jean qui pleure &#187; et beaucoup
de raisons d'avoir envie de foutre
le feu. Je ne parle pas qu'en mon nom.
&#202;tre dans le monde et en m&#234;me temps
hors de lui, c'est ce que je souhaitais.
Le cin&#233;ma le permet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; Un film tr&#232;s personnel avec
ta pr&#233;sence et tes souvenirs,
ceux de tes parents, mais toujours
la place &#224; l'autre et &#224; l'universalit&#233;&#8230;
comment pensais-tu pouvoir passer
de l'intime &#224; l'universel ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; Dans d'autres films que je ferai,
je ne serai pas &#224; l'image, mais
de quoi que je parle, j'irai p&#234;cher en moi
ce qui parle. La m&#233;moire des choses
et des &#233;v&#232;nements est un panier
plein de confettis, ce ne sont que des
bribes qui restent. Je n'ai pas cherch&#233;
&#224; remplir les vides, les cases noires
entre l'une et l'autre, c'est peut-&#234;tre
pour cela que le spectateur peut
aussi faire sienne cette histoire,
habiter le film ; et s'il s'y sent bien, c'est une belle r&#233;compense pour
moi. Quand j'ai dit &#224; Archie Shepp
qui a compos&#233; la musique du film,
qu'alg&#233;riens &#233;tait l'anagramme
de gal&#233;riens, il n'a pas eu besoin
d'en savoir beaucoup plus. Il pouvait
entrer dans le film et y inventer
sa musique. Elle est la m&#233;moire des
gal&#233;riens de partout et de leurs enfants.
Elle parle pour le francalg&#233;rien que
je suis. Ma place dans le film est celle
que j'ai dans la vie, sur la tangente,
entre deux, et elle me plait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; Qu'est ce qui t'as amen&#233;
&#224; vouloir ces Mickey qui
comme des fant&#244;mes croisent
ta route dans le monde moderne,
dans ce parc d'attraction image
miniature de notre civilisation
qui semble sans &#226;me ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; J'ai convoqu&#233; beaucoup
de fant&#244;mes qui me sont
familiers. Le tournage termin&#233;,
pour un peu, je dirais que je ne sais
pas si ces personnes &#233;taient vivantes
ou ne sont apparues que pour
&#234;tre capt&#233;es par le son et l'image
du Chemin Noir. Je voulais rendre
compte dans un raccourci po&#233;tique
du cauchemar que cela peut &#234;tre
que de revenir l&#224; o&#249; on a travaill&#233;,
gagn&#233; sa cro&#251;te et n'y d&#233;couvrir
qu'une usine &#224; pomper le pognon,
un parc de loisirs, le casino, les
machines &#224; sous, le zoo, les thermes
qu'on a appel&#233; Pomp&#233;i&#8230;
un Disneyland assis sur un monde
englouti, le monde ouvrier. Quelques
masques de Mickey disent tout cela,
le vide, les moutons de Panurge,
le suicide insouciant, le cauchemar
de l'avenir radieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; Tu croises un homme et
sa voiture en panne, laquelle
va &#234;tre le fil conducteur de ce r&#233;cit,
le pr&#233;texte et le moteur &#224; des discussions
qui r&#233;v&#232;lent tout le sujet de ton film.
La voiture qu'on r&#233;pare ensemble&#8230;
m&#233;taphore d'un lien qu'on reconstruit,
d'un pass&#233; qu'on fait remonter
et qu'en remettant en route on fait
revivre. Une id&#233;e de d&#233;part ou une
trouvaille en cours de tournage ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; J'avais La 404 dans mes notes
du tout d&#233;but. C'est celle
d'un jeune ouvrier qui habitait
dans un foyer voisin. Il l'avait
achet&#233;e neuve en empruntant &#224;
d'autres man&#339;uvres alg&#233;riens, et
il m'emmenait la voir quand j'&#233;tais
gamin dans l'abri o&#249; elle attendait
rutilante. Il allait partir en cong&#233; en
Alg&#233;rie dans sa belle voiture bleue
eau, s'y marier et la voiture allait les
ramener en France tous deux, mari
et femme. Il est tomb&#233; dans une
poche de fonte &#224; l'aci&#233;rie quinze jours
avant son d&#233;part. La 404 a emmen&#233;
dans son bled le cercueil plomb&#233;
qui contenait le petit cube de m&#233;tal
comme trace de lui. Et je suis rest&#233;
avec grav&#233;e dans ma t&#234;te de gamin
l'ombre, les fant&#244;mes de ce beau
jeune ouvrier tir&#233; &#224; quatre &#233;pingles
et de cette femme qui devait l'attendre.
C'est comme si j'avais v&#233;cu ce
retournement, le v&#233;hicule du bonheur
qui devient celui du malheur.
Elle est rest&#233;e dans un coin
de ma t&#234;te cette 404 et l'histoire
qui l'accompagne est ressortie sans
pr&#233;venir quand j'ai commenc&#233; le
travail sur le chemin noir. De l'&#233;criture
&#224; la fin du montage, un film est un
processus vivant. On commence
&#224; &#233;crire et des choses viennent qui
n'attendaient que &#231;a. J'ai longtemps
cherch&#233; comment cr&#233;er les conditions
de cette rencontre avec les miens,
les vieux arabes de l'usine, je savais
qu'il fallait une action, un travail&#8230;
mais quelle action ? Je n'en avais
pas encore l'id&#233;e. Non pas une id&#233;e,
mais &#171; la &#187; bonne id&#233;e. Ce n'est que
tard qu'elle est venue. Un matin
je me suis r&#233;veill&#233; avec l'&#233;vidence
plein la t&#234;te : c'est bien s&#251;r la 404 !
elle doit &#234;tre vraiment en panne
et il faut qu'on la remette en vie.
C'est elle qui va faire &#233;merger l'Histoire
et les histoires. On l&#232;vera le capot,
on retroussera les manches et on se
rassemblera autour de son moteur,
sa m&#233;canique comme des arch&#233;ologues
sur un site ou comme le personnel
m&#233;dical dans un bloc op&#233;ratoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; Tous ces personnages,
ces croisements, tout &#233;tait
&#233;crit pens&#233; ou ouvert &#224; la rencontre ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; Dans les dossiers qu'on
d&#233;pose pour trouver de l'aide,
du financement, CNC et autres, il est
demand&#233; un sc&#233;nario. Mais pour moi,
le sc&#233;nario est un dessin qui aura &#233;t&#233;
bien utile. Le film a mis longtemps
&#224; trouver son financement. J'ai
beaucoup rep&#233;r&#233;, j'ai rencontr&#233;
beaucoup de vieux alg&#233;riens perdus
entre rien et rien et qui ont nourri
l'&#233;criture de mon film, certains sont
morts avant que je n'aie les moyens
de tourner, d'autres se trouvaient
malades o&#249; n'avaient plus le go&#251;t
&#224; rien. Ils faisaient na&#238;tre des d&#233;sirs
de s&#233;quences. Quand j'ai pu tourner,
je ne suis pas rest&#233; crisp&#233; au sc&#233;nario,
je n'ai pas cherch&#233; &#224; regonfler la
baudruche. J'avais comme guide
une note d'intention tr&#232;s solide
et une trame, des th&#232;mes comme
en musique improvis&#233;e, j'avais
ce qu'il fallait pour m'adapter en
fonction de ce que le r&#233;el m'offrait
et j'avais, vierge, l'extraordinaire
excitation du pr&#233;sent du tournage.
C'&#233;tait pens&#233; bien s&#251;r mais
Mahmoud, l'homme du jardin,
le chirurgien de la 404 n'existait
pas dans le sc&#233;nario. La rencontre
s'est faite pendant le tournage.
Et tout de suite il s'est r&#233;v&#233;l&#233;
une belle personne et un beau
personnage. J'ai &#233;crit dans l'urgence
des s&#233;quences en fonction de lui.
J'ai fait de m&#234;me pour les gamines.
Le vieux sage de la fin est all&#233;
beaucoup plus loin que je n'esp&#233;rais,
il a parl&#233; avec douceur et ses mots,
ses m&#233;taphores sont bien mieux que
ce que j'aurais pu &#233;crire ou imaginer.
Le r&#233;el est plein d'histoires mais
aujourd'hui, si l'on relit la note, on
la retrouve dans le film, on y retrouve
le sc&#233;nario aussi. &#201;trange, non !
On a eu la gr&#226;ce, mais mon &#233;quipe
et moi, on a fait ce qu'il fallait pour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; Magnifique ce ring de boxe
dans l'ancienne usine, une
m&#233;taphore, un symbole incroyable
de ce qui reste ? Les deux vieux qui
boxent, combattent leurs souvenirs,
contre l'adversit&#233; comme ils ont fait
souvent ? Est-ce une belle id&#233;e
de mise en sc&#232;ne ou est-ce aussi
le miracle de la r&#233;alit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
A.B&lt;/strong&gt; Je r&#234;vais d'une s&#233;quence
de boxe. Le lieu o&#249; nous avons
tourn&#233; quand je l'ai d&#233;couvert
m'a fait l'effet d'&#234;tre le sous-marin
du capitaine Nemo, avec son &#233;norme
tableau de bord, le marbre, la porcelaine,
les cadrans pr&#233;cieux, les aiguilles
arr&#234;t&#233;es. C'est la magnifique salle
de commande des machines, le centre
nerveux d'une fonderie o&#249; on ne
fondra plus rien. J'ai demand&#233; &#224; des
amis boxeurs de la r&#233;gion de m'aider
&#224; y transporter un beau vieux ring
qui dormait dans un d&#233;p&#244;t municipal,
tant pis si les cordes &#233;taient us&#233;es,
tant pis ou plus t&#244;t tant mieux.
Il n'en &#233;tait que plus beau. L'un des
vieux boxeurs que l'on voit a &#233;t&#233;
Champion de Lorraine amateur avant
de passer professionnel. L'usine et
la boxe dans un m&#234;me lieu, l'une pour
vivre mieux et envoyer de l'argent
aux siens, l'autre pour entretenir
le r&#234;ve qu'un jour on sera peut-&#234;tre
le roi, riche, intouchable.
Mise en sc&#232;ne bien s&#251;r mais je d&#233;fie
qui que ce soit de me dire qu'il y a l&#224;
quoi que ce soit de faux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; L'image est belle, sobre, pos&#233;e,
ma&#238;tris&#233;e, gr&#226;ce &#224; la fiction et &#224;
une volont&#233; d'apaisement
et de simplicit&#233; qui laisse toute
sa place &#224; ce que l'on regarde ?
Ta cadreuse ne comprend pas l'arabe,
n'avais-tu pas peur qu'elle rate
des moments importants de paroles ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; Pour les paroles, la radio fait
cela tr&#232;s bien. Au cin&#233;ma
j'aime les ambiances, les corps,
les gestes, les silences, les visages,
et j'aime les plans s&#233;quences,
les cadres larges, ouverts. La sensibilit&#233; de Claire Mathon, ma chef op&#233;ratrice
s'accordait &#224; la mienne, l'enrichissait.
Peu importait qu'elle comprenne
l'arabe alg&#233;rien ou pas. On n'allait
pas &#224; la chasse au t&#233;moignage,
et pourtant elle a fait des mouvements
de cam&#233;ra comme si elle comprenait
ce qui se disait et on a engrang&#233;
de tr&#232;s beaux moments de parole
sans perdre l'&#233;l&#233;gance de l'image.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.B&lt;/strong&gt; &#171; Le chemin noir &#187;, cheminement
dans les souvenirs qu'on risque
d'oublier et de laisser dans l'ombre,
parfois douloureux&#8230; C'est un film
pourtant lumineux et qui ne sombre
pas dans la noirceur du pass&#233;, mais
fait &#233;tat avec sourire des souvenirs
forts et constructeurs tout
en &#233;voquant les parts si sombres
de l'histoire des relations entre
la France et l'Alg&#233;rie .
Quels sont les sens de ce titre ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B&lt;/strong&gt; Souvent le chemin qui longe
une voie ferr&#233;e est appel&#233;
chemin noir, probablement &#224; cause
de la poussi&#232;re de charbon qui
s'y d&#233;posait du temps des locos &#224;
vapeur. Dans les r&#233;gions sid&#233;rurgiques,
l'usine avait son r&#233;seau ferr&#233;
et le chemin noir &#233;tait emprunt&#233;
par les ouvriers, il les menait de
la cit&#233; ouvri&#232;re &#224; leur boulot. Chemin
noir aussi sans doute parce que
ce film est venu &#224; moi comme la vue
&#224; un aveugle et en l'&#233;crivant, le r&#234;vant,
j'&#233;tais comme les yeux ferm&#233;s,
j'avan&#231;ais en confiance, me laissant
guider par les sensations, les souvenirs
ou plut&#244;t la voix de cet enfant
que j'&#233;tais. O&#249; que je sois, d&#232;s que
je sens l'odeur du m&#233;tal qu'on brase,
qu'on meule, qu'on soude, je n'ai qu'&#224;
fermer les yeux pour que ce chemin
s'ouvre devant moi. Il n'est pas
tranquille, il y a des morts violentes,
des corps d&#233;chiquet&#233;s mais aussi
des gamins en culotte courte et le ciel
qui &#233;clate rouge de scories jour
et nuit sur les cit&#233;s sid&#233;rurgiques.
La guerre et le feu d'artifice des jours
de f&#234;tes m&#234;l&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Abdallah
Badis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entr&#233; dans la vie active comme ouvrier aci&#233;riste dans
la sid&#233;rurgie lorraine, apr&#232;s un baccalaur&#233;at de sciences
et biologie en 1971, j'ai suivi d'autres voies jusqu'en 1979.
Un heureux hasard m'a fait rencontrer en 1973 le cin&#233;aste
Ren&#233; Allio qui m'a int&#233;gr&#233; &#224; son &#233;quipe sur le tournage
du film &#171; Rude journ&#233;e pour la reine &#187;. Cette rencontre
s'av&#232;rera d&#233;terminante. En 1981, apr&#232;s deux ann&#233;es
au Conservatoire National des Arts du Cirque et du Mime
Gr&#252;ss-Lebreton, j'ai commenc&#233; &#224; travailler au th&#233;&#226;tre
comme com&#233;dien et assistant &#224; la mise en sc&#232;ne dans
&#171; L'engeance &#187; d'Olivier Perrier au T.N.P. Villeurbanne.
Puis, essentiellement dans des cr&#233;ations contemporaines,
&#224; Lille, Thionville, Montpellier, Limoges, Lausanne, Bruxelles,
Paris, Montlu&#231;on&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; de toutes les &#171; fantaisies pour acteurs, bestiaux
et musiciens &#187;, spectacles d'Olivier Perrier et j'ai jou&#233;
entre autres sous la direction de Gildas Bourdet, Philippe
Adrien, Pierre Etienne Heyman, Charles Tordjman,
Jean Paul Wenzel, Jo&#235;l Pommerat et avec la compagnie
anglaise Footsbarn Travelling Theater&#8230; J'ai mis en sc&#232;ne
quelques spectacles dont &#171; Roulez jeunesse &#187; et &#171; Le trou
dans la nature &#187; d'apr&#232;s K. Valentin, Jean Genet et F. Belghoul,
cr&#233;ation au Th&#233;&#226;tre populaire de Lorraine et &#171; Le laboureur
de Boh&#232;me &#187;, de Johannes Von Saaz cr&#233;e au C.D.N.
Les F&#233;d&#233;r&#233;s &#224; Montlu&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cin&#233;ma j'ai &#233;t&#233; acteur dans quelques films dont :
&#171; Rude journ&#233;e pour la reine &#187; de Ren&#233; Allio, &#171; Casting
&#224; H&#233;risson &#187; de Jean Pierre Limosin et &#171; Eden Miseria &#187;
de Christine Laurent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai souvent port&#233; &#224; la sc&#232;ne th&#233;&#226;trale la parole de
ceux qui ne l'ont pas dans la vie et pris plaisir &#224; diriger
professionnellement des non-acteurs. J'ai souhait&#233;
poursuivre cela avec les moyens du cin&#233;ma. Parall&#232;lement
&#224; de petits films tourn&#233;s et mont&#233;s avec les moyens du
bord et qui ont &#233;t&#233; mon apprentissage concret du cin&#233;ma,
j'ai fait en 1998 aux ateliers Varan une formation &#224; la
r&#233;alisation &#171; Documentaire de Cin&#233;ma direct &#187;, une autre
au montage et Compositing sur Final Cut Pro en 2002 et
la r&#233;sidence d'&#233;criture documentaire &#224; Lussas en 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Filmographie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Augustina et la grande famille &#187;
14 min &#8211; 2004
1er prix au Festival R&#233;el en vue,
Thionville 2004&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Une vie fran&#231;aise &#187;
52 min &#8211; 2010
en coproduction avec France &#212; et
l'INA,
Prix de la qualit&#233; du CNC et
Laur&#233;at aux Etoiles de la SCAM&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Le Chemin Noir &#187;
78 min - 2010
en coproduction avec l'INA
(premier long m&#233;trage)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Sortie
le 9 MAI
2012&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.a3distribution.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.a3distribution.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> 11 FLEURS</title>
		<link>http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?article1326</link>
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		<dc:date>2012-05-18T13:52:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>SYNOPSIS En 1974, au coeur de la r&#233;volution culturelle chinoise, un gar&#231;on de 10 ans observe le monde des adultes et n'y comprend pas grand-chose. La rencontre avec un meurtrier en fuite le pousse au secret et au mensonge. Cette confrontation signera la perte de son innocence. A PROPOS DE 11 FLEURS PAR WANG XIAO-SHUAI DE LA VILLE &#192; LA CAMPAGNE&#8230; L'histoire de 11 FLEURS est empreinte de souvenirs de ma vie &#224; Guiyang, dans la province du Guizhou, situ&#233; au sud de la Chine. Dans les ann&#233;es (...)

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&lt;a href="http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Prochaines sorties&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
SYNOPSIS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;
En 1974, au coeur de la r&#233;volution culturelle chinoise,
un gar&#231;on de 10 ans observe le monde des adultes et
n'y comprend pas grand-chose.
La rencontre avec un meurtrier en fuite le pousse au
secret et au mensonge. Cette confrontation signera la
perte de son innocence.
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;A PROPOS DE 11 FLEURS PAR WANG XIAO-SHUAI
DE LA VILLE &#192; LA CAMPAGNE&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire de 11 FLEURS est empreinte de souvenirs de ma vie &#224; Guiyang, dans
la province du Guizhou, situ&#233; au sud de la Chine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60, lorsque les relations sino-russe se d&#233;grad&#232;rent, Mao
d&#233;cida de d&#233;placer la plupart des complexes industriels et militaires
originellement implant&#233;s sur les c&#244;tes et dans les provinces du Nord-Est vers
les zones plus enclav&#233;es et montagneuses, afin de les rendre inaccessibles &#224;
l'&#233;ventuel agresseur. Des millions de travailleurs suivirent ces usines, les villes
dortoirs surgissaient en une nuit et ce fut l'un des plus grand d&#233;placement de
population du 20e si&#232;cle. En quelques ann&#233;es ce qu'on appela alors &#171; La
Troisi&#232;me Ligne &#187; devint le fleuron de l'industrie de la R&#233;publique Populaire.
Pour ces raisons, ma m&#232;re a suivi son usine&#8230; et mon p&#232;re a suivi ma m&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons quitt&#233; Shanghai pour aller vivre dans la province du Guizhou, j'avais
&#224; peine quelques mois. Toutefois mes parents ne perdaient pas espoir de
repartir rapidement &#224; Shanghai. Cette p&#233;riode a fortement marqu&#233; ma vie.
Nous vivions dans un petit village construit autour de l'usine (d&#233;mont&#233;e de
Shanghai, puis remont&#233;e). &#171; La Troisi&#232;me ligne &#187; et la r&#233;volution culturelle ont
profond&#233;ment touch&#233; et chang&#233; mes parents. Partis de chez eux par devoir
pour leur pays, ils sont &#224; l'image du destin des chinois de cette &#233;poque. Devenu
adulte, je me suis rendu compte que tr&#232;s peu de gens connaissait le
mouvement de &#171; La Troisi&#232;me Ligne &#187;.
Un de mes films pr&#233;c&#233;dent, SHANGHAI DREAMS, racontait l'&#233;veil des enfants de
ces ouvriers, de l'enfance &#224; l'adolescence et leur d&#233;sir d'ind&#233;pendance, je
parlais de l'exil et des conflits g&#233;n&#233;rationnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans 11 FLEURS ces enfants sont trop petits et ne comprennent pas le monde
qui les entoure, ils ne se posent pas de question. Ce film &#233;tait un v&#233;ritable d&#233;fi,
j'investissais mon histoire, ma m&#233;moire&#8230; Au tout d&#233;but du montage j'ai montr&#233;
quelques sc&#232;nes du film &#224; ma m&#232;re. Elle n'en connaissait pas l'histoire et
imm&#233;diatement, elle a reconnu les lieux, les personnages et j'ai pu lire
beaucoup d'&#233;motions dans son regard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;DEUX TITRES&#8230; 11 FLEURS !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai &#233;crit ce film avec deux titres en t&#234;te.
WO 11, signifie &#171; J'ai 11 ans &#187;. Ce titre &#224; la premi&#232;re personne souligne que c'est
une histoire personnelle, racont&#233;e &#224; la premi&#232;re personne &#171; moi, Xiaoshuai &#187;. Il
s'agit de mes 11 ans, de mes souvenirs, de ma vision de cette &#233;poque de la fin
de la R&#233;volution Culturelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11 FLEURS rassemble mes 11 ans, et l'id&#233;e que j'&#233;tais alors au printemps de
ma vie. Ces fleurs sont comme une m&#233;taphore et dans le film le p&#232;re compare
les &#234;tres humains &#224; un bouquet fleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
LE REGARD D'UN ENFANT, LA R&#201;VOLUTION CULTURELLE&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe tant d'histoires et de points de vue sur la R&#233;volution Culturelle.
11 FLEURS est un r&#233;cit capt&#233; sous le prisme du regard d'un enfant. L'enfant est
un t&#233;moin de la soci&#233;t&#233; chinois en 1975. La r&#233;volution culturelle n'est qu'un
d&#233;cor, un arri&#232;re plan. Le monde est vu &#224; hauteur d'enfant, celle des yeux de
WANG Han. WANG Han n'a pas de point de vue sur la R&#233;volution Culturelle. A
l'&#233;poque les chinois &#233;taient &#233;galement spectateurs de ce qu'ils vivaient.
Comme WANG Han qui n'a pas d'avis, qui ne juge pas et ne fait que regarder.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusqu'au moment o&#249; L'enfant s'&#233;mancipe, sa curiosit&#233; n'est plus son moteur. Il
devient ind&#233;pendant, vis &#224; vis du syst&#232;me et de l'Histoire. Il se transforme en
un individu qui d&#233;cide pour lui-m&#234;me. D'o&#249; l'id&#233;e du dernier plan (l'enfant qui
part seul et laisse le cadre vide), un geste d'opposition, de refus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SOUS TEXTE&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'&#233;poque de la R&#233;volution culturelle, la parole &#233;tait surveill&#233;e, censur&#233;e,
chacun faisait attention &#224; ce qu'il disait. On cherchait des moyens d&#233;tourn&#233;s
pour s'exprimer sans &#234;tre &#233;tiquet&#233; de contre-r&#233;volutionnaire. Le double sens et
le non-dit sont apparus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans 11 FLEURS, le public chinois comprend et d&#233;code ais&#233;ment ce sous texte,
c'est relativement plus complexe voire impossible pour un public international.
Dans la sc&#232;ne ou le p&#232;re de WANG Han parle m&#233;t&#233;o avec le p&#232;re de Juehong &#171; le temps est bien changeant dans les montagnes &#187;, ce dialogue fait r&#233;f&#233;rence
aux changements politiques qui s'annoncent. A cette &#233;poque est apparu une
expression &#171; Bian Tian Le &#187;, qui signifie &#171; le ciel a chang&#233; &#187;. Le ciel &#233;tant le parti
communiste chinois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe ce m&#234;me double sens lorsque le p&#232;re fait la le&#231;on &#224; son fils sur l'ombre
qui se cache derri&#232;re la lumi&#232;re. L&#224;, le p&#232;re &#233;voque la complexit&#233; qui se cache
sous les lumi&#232;res que repr&#233;sentent la R&#233;volution Culturelle et le pr&#233;sident Mao.
Cet &#233;change entre le p&#232;re et le fils a lieu lorsqu'ils franchissent la porte du
village. De part et d'autre de cette porte, il y a une inscription : &#171; Suivez la parole
du Pr&#233;sident Mao &#187; et &#171; Etudiez le parti communiste &#187;. Le p&#232;re parle
d'ind&#233;pendance et incite son fils &#224; vivre pour lui-m&#234;me. Ces deux sc&#232;nes
comportent un sous texte politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;WANG HAN ET LES ENFANTS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;WANG Han, le nom du personnage principal, &#233;tait mon nom quand j'&#233;tais enfant.
Et c'est ma voix qui ouvre et ferme le film. J'ai cherch&#233; &#224; garder le &#171; je/moi &#187; de
Xiao shuai, tout en inventant un autre moi. Et j'ai rencontr&#233; LIU Wenqing, cet
enfant qui ne ressemble pas aux autres avec sa gestuelle si particuli&#232;re. C'est
cela qui m'a touch&#233; et le souvenir de l'enfant que j'&#233;tais devenait soudain r&#233;el.
Les autres enfants dans le film sont tous des acteurs professionnels. Sur le
tournage, je leur ai appris les jeux auxquels je jouais quand j'&#233;tais gamin. Nous,
les enfants, nous &#233;tions tr&#232;s prot&#233;g&#233;s, nous jouions avec un rien, car il n'y avait
rien. Notre monde c'&#233;tait juste &#171; Vive le pr&#233;sident Mao, vive le Parti Communiste
Chinois &#187;. Nous ne savions rien du monde ext&#233;rieur. Nous &#233;tions tr&#232;s na&#239;fs. C'est
ainsi que j'ai &#233;crit les personnages de WANG Han et ses amis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
UNE COPRODUCTION FRAN&#199;AISE&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'avais d&#233;j&#224; travaill&#233; avec la France pour mes pr&#233;c&#233;dents films, mais 11 FLEURS
est la une coproduction officielle entre la Chine et la France ; c'est d'ailleurs le
premier film coproduit entre les deux pays depuis la signature d'un accord
gouvernemental en avril 2010. L'un des moments fort de la coproduction a &#233;t&#233;
le montage avec Nelly Quettier. L'enjeu &#233;tait pour nous deux d'arriver &#224; nous
comprendre, nous entendre sur la forme et le fond du film. Il nous est arriv&#233; de
travailler en communiquant avec les mains, quand notre interpr&#232;te n'&#233;tait pas
l&#224;. La difficult&#233; &#233;tait d'autant plus grande pour Nelly qu'elle travaillait avec des
rushes en chinois, qu'elle ne parle pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors du montage son, il nous a fallu reconstituer en France l'ambiance sonore
des campagnes chinoises des ann&#233;es 70. Nous avons pass&#233;s du temps &#224;
rechercher les grillons ou les oiseaux chinois !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
WANG XIAO-SHUAI (r&#233;alisateur et sc&#233;nariste)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dipl&#244;m&#233; de l'acad&#233;mie du cin&#233;ma de P&#233;kin, WANG Xiaoshuai &#233;crit et r&#233;alise son
premier long m&#233;trage en 1993,&lt;i&gt; The days&lt;/i&gt;, &#224; l'&#226;ge de 27 ans. Tr&#232;s bien re&#231;u par
la critique occidentale, le film est n&#233;anmoins inscrit sur la liste noire,
interdisant la distribution du film sur le territoire, par le bureau du cin&#233;ma en
Chine. Ce film raconte les derniers jours d'une relation qui se d&#233;t&#233;riore entre
deux artistes &#224; P&#233;kin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux ans plus tard il met en sc&#232;ne &lt;i&gt;Frozen&lt;/i&gt; sous le pseudonyme Wu Min (&#171; Sans
nom &#187;) qui est s&#233;lectionn&#233; dans plusieurs festivals internationaux et qui
d&#233;croche la mention sp&#233;ciale du jury au Festival de Rotterdam en 1995. Il y
offre un regard sur le milieu artistique d'avant-garde &#224; P&#233;kin dans lequel un
jeune artiste organise des performances avec comme acte final son propre
suicide.
Dans la m&#234;me ann&#233;e, il dirige &lt;i&gt;A vietnamese girl&lt;/i&gt; pour le Beijing Film Studio.
Cette &#339;uvre est refus&#233;e par le comit&#233; de censure et il faudra trois ans de remontage
et un changement de titre (&lt;i&gt;So close to paradise&lt;/i&gt;) pour que le film soit
autoris&#233; &#224; une diffusion (limit&#233;e) en Chine. Il y raconte l'histoire de deux
fermiers chinois qui quittent leur province pour la ville. Un jeune gar&#231;on, un
peu na&#239;f, et un petit d&#233;linquant qui tentent de joindre les deux bouts &#224; Wuhan
et qui tombent amoureux d'une chanteuse de night-club qu'ils ont kidnapp&#233;.
En 1998, le film est s&#233;lectionn&#233; au Festival de Cannes dans la section Un
Certain Regard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son cinqui&#232;me long m&#233;trage, &lt;i&gt;Beijing bicycle&lt;/i&gt;, remporte l'Ours d'argent au
festival de Berlin en 2001 ainsi que le prix d'interpr&#233;tation pour les deux r&#244;les
principaux. Ce film a eu une tr&#232;s belle carri&#232;re &#224; travers le monde.
En 2003 &lt;i&gt;Drifters&lt;/i&gt; est pr&#233;sent&#233; &#224; Cannes dans la section Un Certain Regard.
Suivra en 2005 le film &lt;i&gt;Shanghai dreams&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233; &#224; Cannes en Comp&#233;tition
Officielle et r&#233;compens&#233; par le Prix du Jury. En 2008 &lt;i&gt;In love we trust&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Une
famille chinoise&lt;/i&gt;) remporte l'Ours d'argent du meilleur sc&#233;nario au festival de
Berlin.
En 2010, &lt;i&gt;Chongqing Blues&lt;/i&gt; est selectionn&#233; en Comp&#233;tition Officielle au Festival
de Cannes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11 FLEURS, son dernier film, a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; en Comp&#233;tion Officielle au Festival
de San Sebastian.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Chine, France - 2011 - 110' - 1.85 - Dolby SR&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dossier de presse et photos t&#233;l&#233;chargeables sur &lt;a href='http://www.hautetcourt.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.hautetcourt.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;SORTIE NATIONALE LE 9 MAI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#201;FENSE D'AFFICHER</title>
		<link>http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?article1316</link>
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		<dc:date>2012-05-02T15:51:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>Nous sommes heureux de vous inviter &#224; d&#233;couvrir le premier webdocumentaire produit par la Maison du Directeur Ce que le street art raconte du monde &#171; D&#233;fense d'afficher &#187; se dit dans toutes les langues. Pourtant, dans tous les pays, graffeurs et street artistes passent outre cette interdiction. Qu'ont-ils donc de si important &#224; dire ? Quel est le sens v&#233;ritable de leur geste ? Au terme d'un parcours virtuel, le webdocumentaire &#171; D&#233;fense d'afficher &#187; invite l'internaute &#224; d&#233;couvrir ce que le (...)

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&lt;a href="http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;Ev&#233;nements&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.ecrans-salamandre.com/IMG/arton1316.gif&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='32' class='spip_logos' style='height:32px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes heureux de vous inviter &#224; d&#233;couvrir le premier webdocumentaire produit par la Maison du Directeur&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_257 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.francetv.fr/defense-d-afficher&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.ecrans-salamandre.com/IMG/gif/image001defense.gif' width='500' height='104' alt=&quot;&quot; style='height:104px;width:500px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong&gt;Ce que le street art raconte du monde
&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;fense d'afficher &#187; se dit dans toutes les langues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, dans tous les pays, graffeurs et street artistes passent outre cette interdiction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'ont-ils donc de si important &#224; dire ? Quel est le sens v&#233;ritable de leur geste ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au terme d'un parcours virtuel, le webdocumentaire &#171; D&#233;fense d'afficher &#187; invite l'internaute &#224; d&#233;couvrir ce que le street art raconte des villes et du monde d'aujourd'hui.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;En coproduction avec Camera Talk
&lt;p&gt;et&lt;/p&gt; &lt;p&gt;France T&#233;l&#233;vision Ecritures num&#233;riques, France 3 Idf, Lib&#233;ration et Radio Nova&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec le soutien du CNC et de la R&#233;gion Franche-Comt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt;La Maison du Directeur&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Adresse du si&#232;ge social : rue Vermot 39600 Mesnay&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Adresse des bureaux : 104 bis rue de Romainville 93260 Les Lilas&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jeanne Thibord 06 64 03 42 62 / Sidonie Garnier 06 09 79 74 08&lt;/p&gt; &lt;p&gt;lamaisondudirecteur@gmail.com&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &#171; &lt;a href='http://lamaisondudirecteur.com/' class='spip_out'&gt;Lien vers le site la Maison du Directeur&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ONE O ONE</title>
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		<dc:date>2012-05-01T15:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>Synopsis Dans la ville de Taipei, Abbas recherche inlassablement une jeune fille disparue des ann&#233;es plus t&#244;t. Sa compagne, Lian, cherche &#224; le sortir de l'&#233;tat de torpeur qui guide son errance. Mais Abbas porte en lui le souvenir obs&#233;dant d'&#233;v&#233;nements tragiques. Sept ans plus t&#244;t Abbas vit avec Clara dans un village de montagne coup&#233; du reste du monde et d&#233;sert&#233; par sa population. Le couple survit dans la menace constante d'un virus d&#233;vastateur. Les personnes infect&#233;es par la pand&#233;mie sont en (...)

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&lt;a href="http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Prochaines sorties&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Synopsis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la ville de Taipei, Abbas recherche inlassablement une jeune fille disparue des
ann&#233;es plus t&#244;t. Sa compagne, Lian, cherche &#224; le sortir de l'&#233;tat de torpeur qui guide
son errance. Mais Abbas porte en lui le souvenir obs&#233;dant d'&#233;v&#233;nements tragiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sept ans plus t&#244;t
Abbas vit avec Clara dans un village de montagne coup&#233; du reste du monde et d&#233;sert&#233;
par sa population. Le couple survit dans la menace constante d'un virus d&#233;vastateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les personnes infect&#233;es par la pand&#233;mie sont en proie &#224; d'inqui&#233;tants
comportements.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un jour, dans la for&#234;t, Abbas d&#233;couvre une enfant qui cache sa m&#232;re atteinte par la
maladie&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Interview de Franck Gu&#233;rin
Auteur&#8208;r&#233;alisateur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Comment est n&#233; ce projet de film assez singulier ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film est n&#233; de l'association de trois personnes, trois amis : Yann Peira, com&#233;dien, Mathieu Pansard,
directeur de la photographie et moi&#8208;m&#234;me. Nous voulions faire ce film sans &#171; attendre &#187; d'obtenir
l'accord de diverses commissions car nous en ressentions l'urgence, la n&#233;cessit&#233; personnelle. Faire un
film de cette mani&#232;re proc&#233;dait d'un v&#233;ritable choix : celui de s'aventurer sur d'autres terrains
cin&#233;matographiques, sans doute plus tortueux et radicaux et dans lesquels il est difficile d'aller
aujourd'hui pour des raisons &#233;conomiques et commerciales. &#201;videmment, tout cela comportait aussi
le risque de rester en marge. Mais notre d&#233;marche a s&#233;duit le producteur Eric Porcher qui s'est
engag&#233; &#224; nos c&#244;t&#233;s pour porter ONE O ONE. Et je suis aujourd'hui tr&#232;s heureux de le voir exister dans
les salles nationales et bient&#244;t internationales (sortie &#224; Taiwan pr&#233;vue cet &#233;t&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Pourquoi placer ONE O ONE dans un environnement apocalyptique o&#249; l'esp&#232;ce humaine est
menac&#233;e par un virus destructeur ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les films de &#171; zombies &#187;, ou de &#171; virus &#187; font partie de l'histoire du cin&#233;ma, mais aussi de notre
imaginaire collectif et des mythologies humaines. Mais alors qu'un film hollywoodien se situerait
aujourd'hui en plein Los Angeles ou New York, des endroits forc&#233;ment tr&#232;s peupl&#233;s pour rendre
compte du caract&#232;re spectaculaire de l'apocalypse, ONE O ONE situe son action dans un lieu isol&#233; du
reste du monde, un village de montagne d&#233;sert&#233; par sa population. Le couple qui y habite encore est
dans une situation critique, mais pas simplement &#224; cause de la peur d'une contamination. La
destruction du monde autour de lui fait &#233;cho &#224; son histoire intime : c'est un couple moribond dans
lequel l'amour est &#233;teint, un couple pour qui la vie est depuis longtemps d&#233;j&#224; une histoire de survie.
L'arriv&#233;e d'une femme et de son enfant dans le foyer va redonner vie &#224; ces &#234;tres, redonner un sens &#224;
la survie de leur couple et de leur humanit&#233;. Mais cette intrusion d'abord salutaire va par la suite
engendrer d'autres douleurs. L'image de l'apocalypse du dehors renvoie ainsi au spectacle de cette
intimite-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;La ville de Taipei, elle, semble &#234;tre rest&#233;e &#224; l'abri de la destruction de l'humanit&#233;. C'est l&#224; que le
personnage &#233;choue dans tous les sens du terme. Pourquoi avoir choisi ce d&#233;cor asiatique ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Taipei repr&#233;sente une forme d'ailleurs absolu. Le personnage qu'incarne Yann Peira y est repr&#233;sent&#233;
comme le survivant d'un monde disparu. Sa qu&#234;te est celle de l'amour perdu autour d'une tour
immense, la tour ONE O ONE (qui compte parmi les plus hautes du monde car elle comporte 101
&#233;tages), sorte de Babel des temps modernes. Dans la mythologie Babel signifie la &#171; porte du ciel &#187;,
mais le personnage lui reste r&#233;solument clou&#233; au sol et ne cesse d'arpenter le labyrinthe de la ville &#224; la
recherche de ses chim&#232;res. Il y rencontre une jeune taiwanaise qui voudrait le sortir de ce d&#233;dale.
Mais pour r&#233;apprendre &#224; vivre et &#224; aimer dans une autre langue, il doit d'abord s'affranchir des
fant&#244;mes du pass&#233;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Concr&#232;tement, quelle a &#233;t&#233; votre m&#233;thode de travail pendant le tournage ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand on fait un film, le tournage peut devenir une sorte de formalit&#233; o&#249; l'on voudrait inscrire sur la
pellicule ce qui a &#233;t&#233; &#233;tabli &#224; l'avance dans le sc&#233;nario et faire en sorte qu'il y ait le moins de sorties de
route possibles. Quand nous avons commenc&#233; &#224; imaginer ce film, j'ai vite compris que ce ne serait pas
du tout notre cas. Au contraire, ce qui m'int&#233;ressait c'est que le film prenne le pouvoir et qu'il
s'autorise des d&#233;viations&#8230; Cela impliquait de ne pas se soumettre &#224; un sc&#233;nario verrouill&#233;, et de faire
&#233;voluer nos id&#233;es au fur et &#224; mesure du tournage. Le sc&#233;nario restait une boussole, mais certainement
pas un GPS qui commande de sa voix m&#233;canique de prendre &#224; droite ou &#224; gauche. Je pense qu'il y a
une beaut&#233; particuli&#232;re &#224; laisser la respiration du moment faire son oeuvre. Saisir une lumi&#232;re, un
d&#233;cor particulier, une expression du visage qui n'&#233;tait pas pr&#233;vus par le script, c'est faire entrer dans
le film une part d'inconnu qui le grandit. C'est aussi grisant que d&#233;stabilisant, c'est pourquoi ce n'est
pas quelque chose que j'aurais pu imaginer sans Mathieu (Pansard, directeur de la photographie)
avec qui j'ai fait tous mes films de fiction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Dans le film, le personnage incarn&#233; par Yann Peira traverse plusieurs &#233;poques. Cela veut&#8208;il dire que
le tournage a &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;tal&#233; dans le temps ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons tourn&#233; sur plusieurs saisons : en hiver en Ard&#232;che puis dans les Alpes, au printemps de
nouveau en Ard&#232;che, puis l'automne suivant &#224; Taipei. Il fallait une certaine dur&#233;e entre chaque partie
du tournage car dans le film le passage du temps et les transformations physiques du personnage
sont essentiels, accompagnant un travail plus profond, invisible &#224; l'oeil nu et qui conduit un
personnage aux portes de la folie. Mais le temps pass&#233; entre ces p&#233;riodes de tournage avait aussi un
objectif narratif. Les premiers montages avec Mike Fromentin m'ont permis de prendre la mesure de
l'&#233;volution du r&#233;cit et de poursuivre la r&#233;flexion entre chaque p&#233;riode. Une fois de plus, l'&#233;criture d'un
film ne s'arr&#234;te pas au sc&#233;nario, mais se poursuit au tournage et peut&#8208;&#234;tre d'avantage encore au
montage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film ne donne pas toutes les cl&#233;s au spectateur. Pourquoi avoir choisi de ne pas &#234;tre plus
&#171; limpide &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque l'on parle de ces fameuses cl&#233;s que l'on donne au spectateur, on peut certes entendre qu'elles
ouvrent certaines portes, mais aussi qu'elles en ferment d'autres. Il me semble que le cin&#233;ma a parfois
une tendance un peu trop naturelle &#224; verrouiller ses histoires, &#224; ne pas laisser de choix au spectateur.
D'ailleurs, ne dit&#8208;on pas d'une histoire qu'elle est bien &#171; ficel&#233;e &#187; ? Comme si le probl&#232;me venait de ce
qui pourrait s'&#233;chapper d'une histoire qui ne le serait pas assez ! Mais qu'est&#8208;ce qui pourrait
s'&#233;chapper ? La po&#233;sie peut&#8208;&#234;tre&#8230; Dans ONE O ONE, il y a une grande place laiss&#233;e &#224; l'interpr&#233;tation
de chacun et jusqu'&#224; pr&#233;sent ceux qui m'ont le plus appris sur le film, ce sont les spectateurs euxm&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Biographie de Franck Gu&#233;rin
Auteur&#8208;r&#233;alisateur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233; en 1972 &#224; La Roche sur Yon, Franck Gu&#233;rin
poursuit des &#233;tudes de cin&#233;ma &#224; l'&#233;cole Cin&#233;sup de
Nantes. Il d&#233;bute sa carri&#232;re de r&#233;alisateur au
milieu des ann&#233;es 1990 avec deux courts m&#233;trages,
SUITE ET FIN et DIEU SAIT QUI, ainsi qu'un film
r&#233;alis&#233; avec des prisonniers de la maison d'arr&#234;t de
La Roche sur Yon, DES ANNEES FIXES (1997).
Enfant des Pays de la Loire, il y tourne, avec le
soutien de la R&#233;gion et du CNC, deux moyens
m&#233;trages, QUELQUES JOURS DE TROP (avec Marion
Cotillard et Yann Peira, 2001) et EN TON ABSENCE (avec Manuel Blanc et Lei Dinety, 2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'impose progressivement en tant que talentueux r&#233;alisateur de documentaires sur des sujets
socioculturels aussi pointus que la criminalit&#233; (LA ROUTE SANGLANTE DE FRANCIS HEAULME,
SAGAWA LE CANNIBALE &#8208; 13e Rue), la politique internationale (AMERICAN PARADOX, UNITED STATES
OF OBAMA, Le cycle I LOVE DEMOCRACY &#8208; Arte) ou les origines de l'homme (LE BIG BANG MES
ANCETRES ET MOI, L'ADN NOS ANCETRES ET NOUS &#8208; Arte), produits par Daniel Leconte/Doc en Stock.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parall&#232;lement, le producteur Yann Piquer lui propose deux films courts au sein de ses collections
&#171; Avoir 20 ans &#187; et &#171; Histoires de No&#235;l &#187; pour Arte : il tourne NUISIBLES, r&#233;unissant &#224; nouveau Jean&#8208;
Fran&#231;ois St&#233;venin et Baptiste Bertin (2008) et un conte musical adapt&#233; d'Andersen, LA FILLE AUX
ALLUMETTES (2009), avec et co&#8208;&#233;crit par l'auteur&#8208;compositeur&#8208;interpr&#232;te J&#233;r&#244;me Attal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre temps, il r&#233;alise son premier film de format long, UN JOUR D'ETE, toujours dans sa r&#233;gion
natale. Ce t&#233;l&#233;film produit par Ostinato Productions et Arte, avec Jean&#8208;Fran&#231;ois St&#233;venin, Catherine
Mouchet, Baptiste Bertin et Th&#233;o Frilet a fait le tour du monde des festivals. Il a obtenu de nombreux
prix dont le Bayard d'Or de la meilleure premi&#232;re oeuvre (Namur, 2006), Le prix FIPRESCI de la
Critique Internationale (Mannheim, 2006), le Grand Prix du Meilleur Film Europ&#233;en (Rencontres
Avignon/New York, 2006) ainsi que le prix de la Meilleure 1e oeuvre (Lauriers de la T&#233;l&#233;vision et du
Cin&#233;ma du S&#233;nat, 2007). Invit&#233; au festival du film de Taipei, o&#249; UN JOUR D'ETE &#233;tait s&#233;lectionn&#233;, c'est
l&#224; qu'il aura l'id&#233;e de ce que deviendra plus tard ONE O ONE&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;95 min &#8211; DCP &#8211; 1.85 &#8211; 5.1&lt;/p&gt; &lt;p&gt;www.oneoone&#8208;lefilm.com&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sortie le 30 mai 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LES FEMMES DU BUS 678</title>
		<link>http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?article1334</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?article1334</guid>
		<dc:date>2012-05-01T15:18:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>SYNOPSIS Fayza, Seba et Nelly, trois femmes d'aujourd'hui, de milieux diff&#233;rents, s'unissent pour combattre le machisme agressif et impuni qui s&#233;vit au Caire dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons. D&#233;termin&#233;es, elles vont dor&#233;navant humilier ceux qui les humilient. Devant l'ampleur du mouvement, l'atypique inspecteur Essam m&#232;ne l'enqu&#234;te. Qui sont ces myst&#233;rieuses femmes qui &#233;branlent une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur la supr&#233;matie de l'homme ? Entretien avec Mohamed Diab Quel a &#233;t&#233; votre (...)

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&lt;a href="http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Prochaines sorties&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SYNOPSIS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Fayza, Seba et Nelly, trois femmes d'aujourd'hui,
de milieux diff&#233;rents, s'unissent pour combattre
le machisme agressif et impuni qui s&#233;vit au Caire
dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;termin&#233;es, elles vont dor&#233;navant humilier
ceux qui les humilient.
Devant l'ampleur du mouvement, l'atypique inspecteur
Essam m&#232;ne l'enqu&#234;te. Qui sont ces myst&#233;rieuses
femmes qui &#233;branlent une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur la
supr&#233;matie de l'homme ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Entretien avec
Mohamed Diab&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Quel a &#233;t&#233; votre parcours avant ce film ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'&#233;tais sc&#233;nariste, notamment pour des films d'action qui ont
connu un grand succ&#232;s en Egypte - par exemple Al-gezira
(L'&#238;&#206;le) de Sherif Arafa, candidat &#233;gyptien aux Oscars en 2008.
Mon parcours est atypique : j'ai 34 ans, je suis n&#233; &#224; Ismailia,
o&#249; j'ai pass&#233; ma jeunesse. J'ai fait une &#233;cole de commerce, et
j'ai d&#233;croch&#233; un premier emploi dans une banque, au Caire,
o&#249; je me suis install&#233; il y a treize ans. Je r&#234;vais de cin&#233;ma,
je ne pouvais pas m'emp&#234;cher d'imaginer des sujets de films,
et de les raconter &#224; mes clients quand ceux-ci travaillaient
dans le show-business. Un jour, l'un d'entre eux, un acteur,
m'a dit que mon id&#233;e &#233;tait vraiment bonne et que je devrais
quitter la banque. J'ai saut&#233; le pas, et, effectivement,
trois mois apr&#232;s, je vendais mon premier script. C'&#233;tait
en 2004...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Vous vouliez devenir metteur en sc&#232;ne ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, et j'ai d'abord pens&#233; &#224; un court-m&#233;trage. En 2008 a
eu lieu en Egypte le tout premier proc&#232;s pour harc&#232;lement
sexuel. Le harc&#232;lement sexuel est l'un des fl&#233;aux du pays,
et c'est aussi un tabou, dont personne ne parle. A l'&#233;poque,
une enqu&#234;te avait montr&#233; que deux tiers des hommes
s'en &#233;taient rendus coupables d'une mani&#232;re ou d'une autre ;
et que 98% des femmes &#233;trang&#232;res de passage en Egypte, et
83% des femmes &#233;gyptiennes en avaient &#233;t&#233; victimes. L'une
d'entre elles, Noha Rushdi a os&#233; affronter son agresseur - et
l'a d'ailleurs fait condamner &#224; trois ans de prison. J'ai suivi
le proc&#232;s, j'ai entendu les quolibets dont elle &#233;tait victime
&#224; l'audience, et j'ai ensuite conduit des interviews dans
mon entourage, aupr&#232;s de femmes qui, g&#233;n&#233;ralement,
gardaient le silence : ni ma m&#232;re, ni ma soeur, qui en
ont probablement &#233;t&#233; victimes, ne m'en avaient parl&#233;.
C'est assez facile de ne pas y croire, ou d'en nier
l'importance... J'ai &#233;t&#233; stup&#233;fait de ce que je d&#233;couvrais !
J'en ai tir&#233; le sc&#233;nario d'un court-m&#233;trage, qui est &#224; peu pr&#232;s
l'histoire de Fayza, telle qu'on la voit dans le film termin&#233;.
Je l'ai propos&#233; &#224; Boushra, une chanteuse tr&#232;s populaire,
et c'est elle qui m'a propos&#233; d'en faire un long m&#233;trage,
et de le produire. C'est elle qui a cru en moi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous avez d&#233;couvert la question du harc&#232;lement sexuel.
Vous n'en &#233;tiez pas conscient ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas &#224; ce niveau, pas avec cette ampleur-l&#224;. J'ai d&#233;couvert
que c'&#233;tait un geste quotidien dans les rues &#233;gyptiennes.
Je me suis beaucoup inspir&#233; du proc&#232;s de Noha Rushdi
pour la partie du film concernant le personnage de Nelly :
la sc&#232;ne de harc&#232;lement proprement dit est tr&#232;s proche
de celle qui s'est pass&#233;e dans la r&#233;alit&#233;. Quand j'ai commenc&#233;
le script, Noha ne voulait plus parler aux m&#233;dias ; je ne
l'ai rencontr&#233;e que plus tard, elle a vu le film chez moi,
elle &#233;tait tr&#232;s &#233;mue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Comment s'est d&#233;roul&#233;e l'&#233;criture ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ma plus grande peur &#233;tait d'&#233;crire un film sur les femmes
avec le regard d'un homme. J'ai pass&#233; beaucoup de temps
&#224; recueillir des t&#233;moignages, analyser leurs &#233;motions, etc.
Je voulais que le film raconte plusieurs cas, venus de
milieux sociaux diff&#233;rents. S'il n'y avait eu que le personnage
de Fayza, on m'aurait dit : ah oui, le harc&#232;lement ne concerne
que les femmes des couches populaires... Si je n'avais mis
en sc&#232;ne qu'une femme voil&#233;e, les religieux m'auraient dit :
ah, vous pensez que le port du voile entraine le harc&#232;lement,
etc... Pour minimiser les critiques, je devais &#233;largir le cadre
sociologique de l'histoire. Par ailleurs, je suis sensible
&#224; la structure des films de la &#171; nouvelle vague mexicaine &#187;,
I&#241;arritu en t&#234;te : l'entrelacs des parcours et des temporalit&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Comment d&#233;finiriez-vous ces trois personnages ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fayza vient d'un milieu plut&#244;t pauvre, elle est fonctionnaire.
Elle est la plus &#224; plaindre : elle subit le harc&#232;lement
quotidiennement. Elle doit prendre plusieurs bus pour aller
&#224; son travail et en revenir, et, tous les jours, elle est harcel&#233;e.
Toutes les femmes &#233;gyptiennes connaissent cela, et elles
pr&#233;f&#232;rent se taire, cela fait partie de la vie. Si une femme
se plaint dans un bus, ce sont parfois les autres femmes
qui la poussent au silence : &#171; Comment, tu te crois sup&#233;rieure
&#224; nous ? &#187; Seba appartient &#224; la bourgeoisie et les classes
sup&#233;rieures aussi peuvent &#234;tre victimes de harc&#232;lement.
Quant &#224; Nelly, elle incarne une jeunesse plus audacieuse
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrans-salamandre.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; exactement celle qu'on a vue place Tahrir, dans les premiers
jours de la R&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Les actrices du film sont-elles connues ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, m&#234;me si les plus grandes stars &#233;gyptiennes
sont masculines ! Boushra est une chanteuse tr&#232;s c&#233;l&#232;bre :
pour jouer Fayza, elle a accept&#233; de se transformer totalement,
au point qu'en Egypte beaucoup ne l'ont pas reconnue
sur l'affiche ! Pour les autres r&#244;les, je me suis heurt&#233;
&#224; des refus, parce que le sujet effraie. Mais Nelly Karim,
qui joue Seba, est connue. De m&#234;me que Nahed El Seba&#239;, qui
joue Nelly, et que vous avez peut-&#234;tre vue dans Femmes
du Caire de Yousry Nasrallah.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Y a-t-il eu d'autres livres ou films traitant de ce sujet
en Egypte ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la marge, comme dans le film 1-0 de Kamla Abu Zekry,
en 2009. Jamais de fa&#231;on centrale. C'est un grand non-dit,
et je le r&#233;p&#232;te, le sujet fait peur ! Un exemple : le mari
de Nelly Karim ne voulait pas qu'elle tourne l'une des sc&#232;nes
de stade. C'&#233;tait le soir d'une victoire de l'&#233;quipe de foot
d'Egypte sur l'Alg&#233;rie, 4 &#224; 0. Des millions d'Egyptiens dans
la rue ! Nous avons fait appel &#224; une doublure, dont
nous avons maquill&#233; le visage aux couleurs de l'Egypte :
mais la foule &#233;tait si dense, l'excitation &#224; un tel degr&#233;,
qu'elle a r&#233;ellement failli se faire violer...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Comment expliquez-vous ce fl&#233;au r&#233;current ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas &#224; cause de l'Islam, comme je le lis parfois
dans les m&#233;dias occidentaux. Je suis musulman
pratiquant, ma religion ne me recommande pas d'attaquer
les femmes, mais, bien au contraire, d'aider mon prochain
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrans-salamandre.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; ce que j'ai essay&#233; de faire avec ce film... Un raisonnement
tr&#232;s simple : les deux pays o&#249; les femmes souffrent
le plus de harc&#232;lement sexuel sont l'Inde et le Mexique.
Au Mexique, qui n'est pas un pays musulman, on a d&#251; faire
des bus pour hommes et des bus pour femmes... Le point
commun entre ces pays est plus &#233;conomique que religieux.
L'&#201;gypte est un pays croyant, c'est vrai, et notre foi,
comme beaucoup d'autres, nous recommande d'arriver
vierge au mariage. Mais si les conditions &#233;conomiques
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrans-salamandre.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; notamment la question du logement - vous emp&#234;chent
de vous marier avant trente ans, imaginez la frustration !
C'est une situation que j'ai moi-m&#234;me observ&#233;e :
je me suis mari&#233; &#224; 32 ans, et je voulais que le premier baiser,
la premi&#232;re &#233;treinte, soient r&#233;serv&#233;s &#224; mon &#233;pouse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Dans le film, les r&#233;actions des personnages masculins
sont surprenantes : le d&#233;go&#251;t de Cherif, l'ami de Seba,
plus fort que sa compassion ; ou la frustration du mari
de Fayza, qui va le transformer en &#171; harceleur &#187; &#224; son
tour...&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la question &#233;pineuse de la masculinit&#233; en Egypte,
et plus largement dans les pays arabes. L&#224; encore, cela n'a
rien &#224; voir avec l'Islam, mais remonte &#224; une tradition plus
ancienne. L'image de la masculinit&#233; est fauss&#233;e, d&#233;form&#233;e.
Rien ne doit arriver &#224; votre femme, m&#234;me si ce n'est pas
de sa faute. Des tas d'Egyptiens r&#233;agiraient comme Cherif,
jugeant leur compagne &#171; souill&#233;e &#187;. Evidemment, il faut
changer cet &#233;tat d'esprit... C'est ce que dit le film : pour
ces femmes agress&#233;es, la violence n'est pas une solution.
Chez nous, le premier cadeau romantique qu'un homme
donne &#224; sa fianc&#233;e, c'est une bombe d'auto-d&#233;fense ! Il
faut que les femmes prennent la parole, qu'elles envoient
ces types en prison. Un agresseur que vous laissez partir,
c'est une autre femme que vous contribuez &#224; blesser...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Quel a &#233;t&#233; le succ&#232;s du film en Egypte ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; consid&#233;rable. Il est sorti sur 45 copies un mois avant
la R&#233;volution, et le d&#233;bat qu'il a provoqu&#233; a &#233;t&#233; &#233;norme.
Tout le monde ne parlait que du harc&#232;lement, certains
pour continuer &#224; nier la situation, d'autres pour se f&#233;liciter
que les mentalit&#233;s &#233;voluent enfin... J'ai &#233;t&#233; la cible
de plusieurs proc&#232;s. L'un voulait interdire l'exportation du
film, pour ne pas nuire &#224; l'image de l'Egypte ; l'autre me
reprochait de pousser les femmes &#224; se venger des hommes
avec violence ; une pop star trouvait que j'associais l'une
de ses chansons, utilis&#233;es dans le film, avec le harc&#232;lement
sexuel ! J'ai gagn&#233; &#224; chaque fois. Le film a rapport&#233;
deux millions de dollars, ce qui est beaucoup. Et deux jours
avant la R&#233;volution, une loi est pass&#233;e officialisant enfin
le d&#233;lit de &#171; harc&#232;lement sexuel &#187; - jusque-l&#224;, on se contentait
du mot agression... Si les proc&#232;s se sont multipli&#233;s, ils restent
toujours en nombre tr&#232;s insuffisant par rapport &#224; la taille
du probl&#232;me...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Il semble que, dans les premiers jours de la R&#233;volution,
sur la place Tahrir, il n'y ait pas eu de cas de harc&#232;lement.
C'est venu par la suite, comme on l'a vu avec telle ou telle
journaliste...&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Effectivement. Dans les premiers jours, la Place Tahrir
&#233;tait occup&#233;e par des id&#233;alistes, des gens unis par
le m&#234;me d&#233;sir de d&#233;mocratie. C'&#233;tait incroyable parce que
la place &#233;tait tellement peupl&#233;e, pendant les manifestations,
qu'on avait du mal &#224; voir ses propres pieds. Et pourtant,
les femmes &#233;taient respect&#233;es... Le film engage
les femmes &#224; prendre la parole pour d&#233;fendre leurs
droits, et c'est exactement ce qui s'est pass&#233; Place Tahrir.
Parmi mes personnages, Nelly aurait fait partie
des r&#233;volutionnaires... Et j'aime penser que Fayza et Seba,
au terme de ce qu'elles ont v&#233;cu, se seraient jointes &#224; elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Que pensez-vous de la situation actuelle en Egypte ?
La R&#233;volution a-t-elle &#233;t&#233; confisqu&#233;e ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, l'Arm&#233;e a essay&#233; de la confisquer, mais les Rebelles
l'en ont emp&#234;ch&#233;e, et l'Arm&#233;e rendra le pouvoir en juin.
C'est une situation chaotique. Chaque faction - l'Arm&#233;e,
les Rebelles, les Islamistes, eux-m&#234;mes divis&#233;s -
voudrait l'emporter. Je suis s&#251;r que l'Egypte deviendra
un pays mod&#233;r&#233;, un endroit o&#249; il fera mieux vivre
qu'avant, mais cela prendra peut-&#234;tre plusieurs ann&#233;es.
Sous Moubarak, l'Egypte &#233;tait malade du cancer.
Aujourd'hui, elle est en phase de chimioth&#233;rapie,
ce qui est douloureux...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Vous n'avez pas eu envie de faire un film sur la R&#233;volution ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Curieusement, en Egypte, je suis plus connu comme
activiste, analyste de la R&#233;volution, que comme cin&#233;aste :
j'ai m&#234;me re&#231;u un &#171; Webby Award &#187;, des mains
de la journaliste am&#233;ricaine Christiane Amanpour,
qui saluait le r&#244;le des r&#233;seaux sociaux pendant
les &#233;v&#233;nements. Cela dit, je suppose que chaque cin&#233;aste
a r&#234;v&#233; d'un film sur la R&#233;volution avant de comprendre
que c'&#233;tait trop t&#244;t, que le processus n'&#233;tait pas termin&#233;.
Comment faire un film sur un mouvement inachev&#233; ?
Mais la vie en Egypte a chang&#233;, et tous les films, pendant
dix ans, parleront &#224; leur fa&#231;on de la R&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Mohamed Diab&lt;/strong&gt; est un des jeunes sc&#233;naristes
les plus en vogue en Egypte. Il vient d'Ismailia, une ville &#224; l'est du Caire,
o&#249; il a obtenu un dipl&#244;me de Commerce &#224; l'Universit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s avoir
travaill&#233; dans ce domaine, il ose tout quitter pour s'adonner &#224; sa passion
de l'&#233;criture cin&#233;matographique. Il &#233;tudie &#224; la New York Film Academy
en 2005 et ensuite &#233;crit les films suivants :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Real Dreams (Ahlam Hakekeya, 2007)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The Island (El Gezira, 2007)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The Replacement (Badal Faed, 2009)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Congratu lat ions (Alf Mabrouk, 2009)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes du Bus 678 est le 5&#232;me film qu'il &#233;crit
et son premier en tant que r&#233;alisateur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;PRIX DU PUBLIC Festival du cin&#233;ma m&#233;diterran&#233;en de Montpellier&lt;/p&gt; &lt;p&gt;DUR&#201;E 100 MN&lt;/p&gt; &lt;p&gt;P H O TO S E T D O SS IE R D E P R E S S E T&#201; L &#201; C H A R G E A B L ES S U R &lt;a href='http://WWW.PYRAMIDEFILMS.COM/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;WWW.PYRAMIDEFILMS.COM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>DERNIERS JOURS &#192; J&#201;RUSALEM</title>
		<link>http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?article1333</link>
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		<dc:date>2012-05-01T15:13:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>SYNOPSIS Nour et Iyad, un couple de palestiniens install&#233;s &#224; J&#233;rusalem-Est, s'appr&#234;tent &#224; immigrer &#224; Paris. Lui est un chirurgien dans la force de l'&#226;ge, elle, jeune com&#233;dienne, s&#233;duisante, ind&#233;pendante, fantasque, est originaire de la bourgeoisie intellectuelle palestinienne. Sur le chemin de l'a&#233;roport, l'annonce d'un terrible accident ram&#232;ne Iyad &#224; son h&#244;pital et suspend leur d&#233;part. D&#233;laiss&#233;e une fois de plus par son mari, Nour va remettre en cause leur voyage ainsi que leur relation, tout en (...)

-
&lt;a href="http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Prochaines sorties&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
SYNOPSIS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Nour et Iyad, un couple de palestiniens
install&#233;s &#224; J&#233;rusalem-Est, s'appr&#234;tent &#224;
immigrer &#224; Paris. Lui est un chirurgien
dans la force de l'&#226;ge, elle, jeune
com&#233;dienne, s&#233;duisante, ind&#233;pendante,
fantasque, est originaire de la bourgeoisie
intellectuelle palestinienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur le chemin de l'a&#233;roport, l'annonce
d'un terrible accident ram&#232;ne Iyad &#224;
son h&#244;pital et suspend leur d&#233;part.
D&#233;laiss&#233;e une fois de plus par son
mari, Nour va remettre en cause leur
voyage ainsi que leur relation, tout en
t&#233;moignant son attachement &#224; ceux
qu'elle s'appr&#234;te &#224; quitter.
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;NOTE DU REALISATEUR
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8220;Toutes les familles heureuses se ressemblent. Toute famille est
malheureuse - chacune &#224; sa mani&#232;re&#8220;. Cette phrase qui ouvre le
roman Anna Kar&#233;nine de Tolsto&#239; m'a inspir&#233; le film Derniers jours
&#224; J&#233;rusalem.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai voulu raconter le malheur ordinaire d'un couple de bourgeois palestiniens
vivant &#224; J&#233;rusalem Est&#8230; m&#234;me si je pense que cette histoire peut se
d&#233;rouler dans n'importe quel endroit du monde. Ils sont deux personnages :
un homme, une femme, tous deux beaux et sans probl&#232;mes mat&#233;riels.
Mais il y a quelque chose de pourri en eux qui les emp&#234;che de progresser
et d'acc&#233;der au bonheur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Iyad, chirurgien entre deux &#226;ges n'a pas de famille et plus d'amis,
emprisonn&#233; tel Sisyphe dans un combat interminable entre la vie et la
mort. Il sait intimement qu'il n'a plus le temps de s'inventer une vie
nouvelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nour est une jeune actrice au d&#233;but de sa carri&#232;re... Ses parents sont
s&#233;par&#233;s et chacun est trop pr&#233;occup&#233; par sa propre carri&#232;re pour
trouver l'&#233;nergie pour l'aider &#224; trouver sa place dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Leur liaison est le fruit d'une blessure commune. Elle vient le trouver &#224;
l'h&#244;pital, jeune fille perdue et enceinte. Pourquoi vient-elle &#224; lui pour se
faire avorter ? Leur rencontre semble &#233;vidente&#8230; comme s'il &#233;tait &#233;crit que
leurs destins devaient s'unir. Deux &#226;mes bless&#233;es trouvent le r&#233;confort
l'une chez l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Leur rencontre est en m&#234;me temps une mort et une naissance. Elle marque
la fin de la solitude qu'ils avaient &#233;prouv&#233;e chacun s&#233;par&#233;ment. Mais c'est
&#233;galement la naissance d'un couple, d'une &#8220;vie ensemble&#8220;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On les retrouve mari&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es. Leur nouvelle vie est
devenue statique. Le vide menace de les attaquer &#224; nouveau. Ils se
sentent oblig&#233;s de se mettre en mouvement et d&#233;cident d'&#233;migrer &#224;
Paris... Peut-&#234;tre l&#224;-bas trouveront-ils une meilleure vie&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le coeur du film est le r&#233;cit de leur cheminement, depuis le moment o&#249;
ils d&#233;cident d'&#233;migrer jusqu'&#224; leur arriv&#233;e dans un pays nouveau.
L&#224;-bas les attend l'inattendu qui va g&#233;n&#233;rer &#224; nouveau une naissance
et une mort, comme au d&#233;but du film.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
ENTRETIEN AVEC LE REALISATEUR TAWFIK ABU WAEL&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Quel est le point de d&#233;part du film ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des producteurs italiens m'ont propos&#233; d'adapter Retour &#224; Ha&#239;fa, un roman de
Ghassan Kanafani qui raconte l'histoire d'un couple palestinien forc&#233; de quitter
Ha&#239;fa en 1948, en laissant derri&#232;re eux leur nouveau-n&#233;. Vingt ans plus tard - apr&#232;s
la guerre de 1967 et l'ouverture des fronti&#232;res - ils rentrent chez eux pour chercher
leur enfant - et d&#233;couvrent que c'est Meriem, une femme juive rescap&#233;e de
l'Holocauste qui occupe d&#233;sormais leur maison et a &#233;lev&#233; leur fils - qui est devenu
un soldat isra&#233;lien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s avoir travaill&#233; sur cette adaptation, j'ai compris que ce n'&#233;tait pas vraiment
cette histoire qui m'int&#233;ressait, mais plut&#244;t ce qui arrive ensuite.
J'ai d&#233;cid&#233; d'abandonner l'adaptation et d'&#233;crire ma propre histoire - en gardant
l'histoire du couple et celle de l'enfant perdu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
En commen&#231;ant le film par un avortement, vous signalez d'une certaine
mani&#232;re que leur amour est vou&#233; &#224; l'&#233;chec. Il y a dans le sc&#233;nario une dimension
tragique qui a des &#233;chos parfois shakespeariens, parfois antonioniens.
&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ma Bible - quand j'&#233;cris un sc&#233;nario - est la Po&#233;tique d'Aristote. Mon premier long
m&#233;trage, &lt;i&gt;Atash&lt;/i&gt; (La Soif), est aussi tr&#232;s inspir&#233; par Shakespeare. Dans Derniers jours
&#224; J&#233;rusalem, mes autres sources d'inspiration &#233;taient Sc&#232;nes de la vie conjugale
d'Ingmar Bergman, &lt;i&gt;Le dernier tango &#224; Paris&lt;/i&gt; de Bertolucci, &lt;i&gt;La nuit&lt;/i&gt; d'Antonioni et
&lt;i&gt;Le m&#233;pris&lt;/i&gt; de Jean-Luc Godard. Je voulais que l'histoire du couple commence par
une blessure - une fille paum&#233;e et enceinte rencontre un chirurgien solitaire. Ils
deviennent un couple et d&#233;cident d'&#233;migrer &#224; Paris - pour y commencer une
nouvelle vie. Tel &#233;tait mon point de d&#233;part. Pendant l'&#233;criture et jusqu'au milieu
du tournage, je ne savais m&#234;me pas comment le film se terminerait, si, &#224; la fin,
ils parviendraient &#224; partir en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous filmez leur histoire en privil&#233;giant les espaces clos - m&#234;me quand ils
quittent leur appartement, on reste avec eux dans la voiture.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je voulais rendre ce sentiment de si&#232;ge - physique et psychologique - qui est le
quotidien des Palestiniens vivant &#224; J&#233;rusalem Est.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, vous &#233;crivez dans votre note d'intention : &#8221;Cette histoire se passe
&#224; J&#233;rusalem Est, mais elle pourrait se passer n'importe o&#249; dans le monde&#8221;.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour moi, J&#233;rusalem Est est un camp militaire isra&#233;lien o&#249; vivent plusieurs centaines
de milliers de Palestiniens. Cette histoire pourrait-elle se d&#233;rouler n'importe o&#249; ?
D'un point de vue existentiel, oui - apr&#232;s tout, je parle de choses aussi universelles
que le couple, la famille, la carri&#232;re... Mais les personnages de mon film et son
atmosph&#232;re ont quelque chose de typiquement palestinien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils vivent dans un endroit que vous d&#233;crivez comme invivable, et semblent
pourtant incapables de le quitter.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r. D'un c&#244;t&#233;, ils vivent dans un camp militaire isra&#233;lien. De l'autre, &#233;migrer
n'est pas une d&#233;cision facile &#224; prendre. C'est cette contradiction qu'ils doivent
affronter. Jusqu'&#224; la fin du film, il est impossible de savoir s'ils vont partir ou pas.
Mais pour moi, la s&#233;quence finale, &#224; Paris, est une lib&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi &#233;tait-il important qu'ils parviennent, &#224; la fin, &#224; quitter J&#233;rusalem ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je voulais que le film se lib&#232;re de cette ambiance de si&#232;ge. Sachant que pour moi,
cette fin reste quand m&#234;me ambig&#252;e. C'est une lib&#233;ration pour les deux
personnages mais elle a aussi une dimension tragique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Beaucoup de sc&#232;nes jouent sur cette ambig&#252;it&#233;, notamment celle o&#249; Nour
monte sur le parapet. Elle ouvre les bras comme si elle allait s'envoler, mais
c'est aussi un simulacre de suicide.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'aime l'ambig&#252;it&#233; : la vie et la mort, l'amour et la haine, la libert&#233; et l'esclavage
sont des contradictions qui existent au plus profond de chacun de nous. Jusqu'&#224; la
fin du tournage, le personnage de Nour devait se suicider. J'ai chang&#233; d'avis au
dernier moment, mais je voulais que ce doute traverse le film.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Comment avez-vous choisi les deux com&#233;diens principaux ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; Lana Haj Yehya en 1997, &#224; l'Universit&#233; de Tel Aviv. J'&#233;tudiais le cin&#233;ma
et elle le th&#233;&#226;tre. Elle jouait dans mes premiers films d'&#233;cole. Comme elle n'a pas
un physique de femme arabe classique, elle n'a pas vraiment trouv&#233; de travail apr&#232;s
ses &#233;tudes. Elle a fait un peu de th&#233;&#226;tre &#224; Ramallah, puis s'est install&#233;e &#224; Londres
avec son mari. Quand je lui ai propos&#233; le r&#244;le principal de Derniers jours &#224; J&#233;rusalem,
elle a refus&#233;. Je pense qu'&#224; l'&#233;poque, elle avait compl&#232;tement abandonn&#233; l'id&#233;e de
devenir actrice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il ne lui a fallu que quelques r&#233;p&#233;titions pour se fondre compl&#232;tement dans
la peau du personnage. Quant &#224; Ali Badarni, il est psychologue et n'avait jamais
jou&#233; auparavant. Pendant les six mois de r&#233;p&#233;titions avec Lana et Ali, j'ai compl&#232;tement
r&#233;&#233;crit le scenario. Pour moi, cela a &#233;t&#233; une exp&#233;rience fantastique de
reconstruire cette histoire &#224; partir du travail de mes deux acteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;En arabe, Nour veut dire &#8220;lumi&#232;re&#8220;. Ce pr&#233;nom est-il ironique ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu. On ne peut r&#234;ver d'un personnage plus sombre ni plus tourment&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
A la fin du film, Iyad lui dit : &#8220;Il n'y a pas de place pour un enfant dans notre
histoire merdique&#8220;. Cette phrase doit-elle aussi s'entendre &#224; un niveau
politique ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une r&#233;plique, et je peux tout &#224; fait comprendre le personnage dans son refus
d'avoir un enfant. Est-elle pour autant symptomatique de la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne
contemporaine ? Je n'y ai pas du tout pens&#233; pendant le tournage, mais maintenant
que vous me le demandez : oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
TAWFIK ABU WAEL&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tawfik Abu Wael est n&#233; en 1976, &#224; Umm al-Fahm, une cit&#233; palestinienne
en Isra&#235;l. Il sort dipl&#244;m&#233; en r&#233;alisation de l'Universit&#233; de Tel Aviv o&#249; il travaille
&#233;galement aux archives du film. Il enseigne ensuite le th&#233;&#226;tre &#224; l'Hassan
Arafe School de Jaffa. En 2001, il r&#233;alise Diary of a Male Whore, son premier
court m&#233;trage, et le documentaire Waiting for Sallah Al-Din avant de
tourner, en 2004, son premier long m&#233;trage de fiction, Atash (La Soif),
qui remporte le prix Fipresci de la Semaine de la Critique &#224; Cannes. Tawfik
Abu Wael travaille &#233;galement comme metteur en sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;FILMOGRAPHIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;TANATHUR / Derniers jours &#224; J&#233;rusalem / Last days in Jerusalem&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(2011, 80 min, Long-m&#233;trage, Fiction/Drame)
64th Locarno International Film Festival, Comp&#233;tition Officielle, 2011
36th Toronto International Film Festival, Contemporary World Cinema, 2011&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ATASH / Thirst / La Soif&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(2004, 112 min, Long-m&#233;trage, Fiction/Drame)
Festival de Cannes &#8211; Semaine de la Critique, 2004 / Prix Fipresci
Jerusalem International Film Festival / Walgin Award (Meilleur Film)
Biennale of Arabic Cinema Paris, 2004 / Maroon Bagdahdi Award (Prix du Jury)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;WAITING FOR SALLAH AL-DIN / Nazereen Sallah Al-Din&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(2001, 53 min, Documentaire)
Mostra Internazionale Del Cortometraggio Montecatini, Italy, 2002
6e Biennale des Cinemas Arabes, Paris, 2002
Internationales Dokumentar Film Festival, M&#252;nchen, 2002
Arab Screen Independent Film Festival Doha, Qatar, 2002
Doc Aviv, 2001
Human Rights Film Festival, Prague&lt;/p&gt; &lt;p&gt;I LEAVE, YOU STAY
(1998, 8 min, Court-m&#233;trage)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;INTELLECTUAL IN GARBAGE
(1998, 2 min, Court-m&#233;trage)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHARACTERS
(1998, 4 min, Court-m&#233;trage)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BREAD, HASHISH AND THE MOON
(1997, 11 Min, Court-m&#233;trage)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Isra&#235;l - France / 2011 / 80 min / DCP / Couleur / 1.85 / Dolby SRD / Visa N&#176; 123 556&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dossier de presse et photos t&#233;l&#233;chargeables sur &lt;a href='http://www.sddistribution.fr/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.sddistribution.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cin&#233;ma &#224; partir du 23 mai 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>SUR LA ROUTE</title>
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		<dc:date>2012-05-01T15:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>Synopsis Au lendemain de la mort de son p&#232;re, Sal Paradise, apprenti &#233;crivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, mari&#233; &#224; la tr&#232;s libre et tr&#232;s s&#233;duisante Marylou. Entre Sal et Dean, l'entente est imm&#233;diate et fusionnelle. D&#233;cid&#233;s &#224; ne pas se laisser enfermer dans une vie trop &#233;triqu&#233;e, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiff&#233;s de libert&#233;, les trois jeunes gens partent &#224; la rencontre du monde, des autres et d'eux-m&#234;mes. (...)

-
&lt;a href="http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Prochaines sorties&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Synopsis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Au lendemain de la mort de son p&#232;re, Sal Paradise, apprenti &#233;crivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, mari&#233; &#224; la tr&#232;s libre et tr&#232;s s&#233;duisante Marylou. Entre Sal et Dean, l'entente est imm&#233;diate et fusionnelle. D&#233;cid&#233;s &#224; ne pas se laisser enfermer dans une vie trop &#233;triqu&#233;e, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiff&#233;s de libert&#233;, les trois jeunes gens partent &#224; la rencontre du monde, des autres et d'eux-m&#234;mes.
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
INTERVIEW WALTER SALLES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par : Aur&#233;liano Tonet
(Texte extrait du num&#233;ro hors-s&#233;rie #8 de Trois Couleurs)
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Vous souvenez-vous de votre r&#233;action lorsque vous avez lu pour la premi&#232;re fois
Sur la route ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai lu le livre &#224; un moment difficile de la vie br&#233;silienne, les ann&#233;es de plomb du r&#233;gime
militaire. La presse et l'&#233;dition &#233;taient sous censure, et Sur la route n'&#233;tait pas publi&#233; en
portugais. Je l'ai lu en anglais. Dans ce r&#233;cit initiatique, tout &#233;tait &#224; l'oppos&#233; de ce que
l'on ressentait dans le pays. Le souffle libertaire de Dean, Sal et les autres personnages
du livre, le mouvement constant, l'exp&#233;rimentation, le sexe, le jazz ou la drogue &#233;taient
comme le contrechamp de ce que nous vivions. J'ai donc &#233;t&#233; profond&#233;ment marqu&#233;,
et je n'ai pas &#233;t&#233; le seul. J'avais 18 ans et, &#224; l'universit&#233;, le livre passait de mains en
mains. Symptomatiquement, la publication de Sur la route au Br&#233;sil co&#239;ncide avec les
mouvements pour la red&#233;mocratisation du pays, en 1984. Le livre avait une telle qualit&#233;
embl&#233;matique pour moi que l'id&#233;e de l'adapter &#224; l'&#233;cran ne m'effleurait m&#234;me pas.
Ce n'est qu'apr&#232;s l'invitation de Zoetrope Studios, &#224; la suite de la projection de
Carnets de voyage &#224; Sundance en 2004, que le projet a peu &#224; peu pris corps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus largement, quelles sont vos affinit&#233;s avec la Beat
Generation ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; adolescent &#224; la fin des ann&#233;es 1960 et au d&#233;but
des ann&#233;es 1970. Pour ceux de ma g&#233;n&#233;ration, il n'&#233;tait
pas difficile de comprendre que l'origine de la plupart des
mouvements libertaires qui nous marquaient venait de la
g&#233;n&#233;ration de Ginsberg, Kerouac, Burroughs, di Prima,
Baraka. Ils ont tout simplement red&#233;fini la mani&#232;re dont
nous vivions ou d&#233;sirions vivre. Le po&#232;te Michael McClure,
qui faisait partie du mouvement, le dit plus clairement que
moi : &#171; Un jeune mec de 21 ans m'a demand&#233; l'autre jour ce
qui &#233;tait arriv&#233; &#224; la Beat Generation. Il s'habillait et se coiffait
comme il voulait, &#233;tait contre la guerre en Irak, s'int&#233;ressait &#224;
l'&#233;cologie et au bouddhisme&#8230; Je lui ai pos&#233; la m&#234;me question :
&#8216;&#8216;Oui, o&#249; est la Beat Generation ?'' Elle &#233;tait en lui&#8230; Pas facile,
parfois, d'expliquer cela aux gens ; aucun besoin, d'ailleurs. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Dans le documentaire in&#233;dit Looking for On the
Road, vous relatez le travail de documentation qui a
pr&#233;c&#233;d&#233; le tournage. Pourquoi cela constituait-il une
&#233;tape fondamentale pour vous ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand Zoetrope Studios m'a contact&#233; en 2004, je ne me
sentais pas pr&#234;t. Cette possibilit&#233; d'adaptation &#233;tait tellement
complexe que j'ai tenu &#224; tourner un documentaire en suivant
les routes arpent&#233;es par Kerouac et le reste de la bande,
histoire de comprendre un peu mieux l'odyss&#233;e d&#233;crite dans
le livre, et ce qu'il en restait dans l'Am&#233;rique postindustrielle.
Il s'agissait aussi de mieux comprendre les enjeux de cette
g&#233;n&#233;ration, le contexte historique des combats qu'elle a men&#233;s, et de
m'imbiber de ses d&#233;rives dans un pays qui m'&#233;tait &#233;tranger. Je l'ai tourn&#233;,
enfin, parce que j'aurais aim&#233; filmer ce que nous avions v&#233;cu pendant les
voyages de pr&#233;paration de Carnets de voyage &#224; travers l'Am&#233;rique
Latine. Il y a des moments qui ne se r&#233;p&#232;tent pas, c'est aussi simple que &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
&#192; partir de quelle version de Sur la route avez-vous travaill&#233; avec
Jos&#233; Rivera, le cosc&#233;nariste ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; Lowell, la ville o&#249; Kerouac a pass&#233; une grande partie de son enfance et de
son adolescence, nous avons rencontr&#233; John Sampas, le beau-fr&#232;re de Jack.
Il m'a montr&#233; une copie du scroll original, bien avant sa r&#233;cente publication.
L'urgence et l'&#226;pret&#233; de cette version m'ont imm&#233;diatement impact&#233;.
La premi&#232;re phrase annon&#231;ait d&#233;j&#224; un autre genre de r&#233;cit. La version &#233;dit&#233;e
en 1957 commen&#231;ait par : &#171; J'ai connu Dean peu de temps apr&#232;s qu'on a rompu
ma femme et moi. &#187; Le scroll, par : &#171; J'ai rencontr&#233; Neal pas tr&#232;s longtemps apr&#232;s
la mort de mon p&#232;re&#8230; &#187; Le h&#233;ros du scroll vient de subir une perte qui l'oblige
&#224; aller de l'avant. La qu&#234;te du p&#232;re est un fil conducteur du scroll, plus encore
que dans la version publi&#233;e en 1957. Ce th&#232;me-l&#224; m'a toujours int&#233;ress&#233;, et il
est devenu un des moteurs de l'adaptation. Avec Jos&#233;, nous avons discut&#233; et
travaill&#233; pendant cinq ans sur de multiples versions, en essayant de respecter le
plus possible le livre et parfois en bifurquant, en le trahissant pour lui &#234;tre plus
fid&#232;le. Une adaptation, c'est ce qui doit permettre aux spectateurs de revenir au
livre, &#224; l'original. Et de construire leurs propres versions de Sur la route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
L'&#233;criture de Kerouac est foisonnante, lyrique, opulente. Dans quelle
mesure vous &#234;tes-vous d&#233;tach&#233; de la langue kerouacienne ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur la route est parfois vu comme un r&#233;cit purement documentaire,
la transcription d'un v&#233;cu. Je fais partie de ceux qui pensent que l'originalit&#233;
du livre rel&#232;ve davantage de la coexistence entre ce qui a &#233;t&#233; ressenti et ce
qui a &#233;t&#233; imagin&#233;. Un exemple : Kerouac d&#233;crit la maison de Burroughs
&#224; La Nouvelle-Orl&#233;ans comme une vieille b&#226;tisse coloniale d&#233;cadente du
Sud. Or, l'endroit o&#249; Burroughs a re&#231;u Kerouac et Cassady est &#224; l'oppos&#233; de
cette description, une petite maison pr&#233;fabriqu&#233;e dans une rue tranquille.
Pas d'accumulateur d'orgone et autres &#233;l&#233;ments savoureux pr&#233;sents dans
Sur la route. Mais qu'importe, ces &#233;l&#233;ments faisaient partie d'autres r&#233;cits
autour de Burroughs que Kerouac avait entendus, et il les a int&#233;gr&#233;s dans
le livre. Le livre transcende donc le r&#233;cit documentaire, il est le fruit de la
capacit&#233; &#224; relier ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu et ce qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par une imagination
libre et foisonnante. C'est &#224; cet esprit-l&#224; que nous avons essay&#233; d'&#234;tre fid&#232;les.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Sur la route est un livre contradictoire, o&#249; les aspirations libertaires
coexistent avec des passages plus conservateurs &#8211; on l'a notamment tax&#233;
de misogynie. Comment avez-vous surmont&#233; cette dichotomie ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme tous les grands livres, Sur la route suscite des r&#233;actions diff&#233;rentes
selon le regard du lecteur. Lors des d&#233;bats autour du livre auxquels j'ai
particip&#233;, j'ai rencontr&#233; des gens qui parlent de cette possible misogynie,
mais aussi des jeunes femmes qui voient le personnage de Marylou comme
une f&#233;ministe avant l'heure : une adolescente qui fait voler en &#233;clats les tabous
sexuels de son &#233;poque, les interdits de l'Am&#233;rique puritaine de l'apr&#232;s-guerre.
D'autres voient Camille/Carolyn comme une h&#233;ro&#239;ne silencieuse, la femme
qui porte toute une famille pendant que Neal d&#233;rive en qu&#234;te de l'inconnu
avec Sal. Si les personnages f&#233;minins du film sont peut-&#234;tre plus pr&#233;sents que
dans le livre, c'est justement &#224; cause de ces d&#233;bats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Dans vos films, comme dans la plupart des road movies, o&#249; l'on voyage
souvent &#224; deux. Comment avez-vous agenc&#233; le duo form&#233; par Sal et Dean ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre permet d'avoir une compr&#233;hension assez claire de cette
relation. Il y a Dean l'instigateur, l'incendiaire, &#171; the Western wind &#187;
qui va bousculer toutes les convictions de ce groupe de jeunes intellos.
&#192; tel point que Neal/Dean est au centre non seulement de plusieurs livres
de Kerouac, mais aussi du Go de John Clellon Holmes et de plusieurs
po&#232;mes de Ginsberg. Sal est le passeur, celui qui permet de partager ce
souffle novateur et libertaire. &#192; ce propos, pendant le documentaire,
j'ai parfois entendu parler de Neal comme de quelqu'un qui utilisait
les membres de ce groupe &#224; son profit. Mais on peut se demander qui a
utilis&#233; qui, dans cette histoire. Cette question est d'ailleurs dans le film.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Sur la route offre une large place aux grands espaces. Comment avezvous
pens&#233; la photographie du film avec &#201;ric Gautier ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La g&#233;ographie physique est au coeur du livre, mais moins que ce qu'on
pourrait nommer la g&#233;ographie interne des personnages. Ann Charters
dit, dans un de ses textes sur Sur la route, que le livre peut aussi &#234;tre
compris comme un r&#233;cit sur la fin de la route. Les &#201;tats-Unis se
sont d&#233;finis &#224; partir de cette marche vers l'Ouest, et ce n'est pas un
hasard si le western est le genre cin&#233;matographique nord-am&#233;ricain
par excellence. L'occupation du territoire correspond au d&#233;but de la
fin du r&#234;ve am&#233;ricain, et les personnages de Sur la route portent cette
dichotomie en eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Filmer ce d&#233;sir de d&#233;voiler ce qui leur &#233;tait inconnu, mais aussi
leurs conflits internes, le d&#233;but de la fin de ce r&#234;ve, &#233;tait ce qui
nous int&#233;ressait. &#201;ric Gautier, avec son intelligence aigu&#235;, a bien
compris cet enjeu depuis le d&#233;but. Il guette les personnages, leurs
oscillations, cam&#233;ra &#224; la main. Comme &#201;ric le soulignait, tourner
Sur la route en noir et blanc aurait &#233;t&#233; faire ce qui &#233;tait
attendu, comme une citation des Am&#233;ricains de Robert Frank&#8230;
Je pr&#233;f&#232;re garder le noir et blanc pour un film contemporain &#8211;
ce que j'avais fait dans Terre Lointaine .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
L'histoire de l'adaptation de Sur la route ob&#233;it &#224; un rythme similaire &#224; celui
du livre, alternant temps morts et acc&#233;l&#233;rations. Peut-on regarder votre
film comme un documentaire sur son propre tournage ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre porte cette dualit&#233; en lui. D'un c&#244;t&#233;, l'urgence d'une g&#233;n&#233;ration
qui se fraye un chemin, qui explore tous les sens, qui vit selon le tempo
du be-bop et de la benz&#233;drine. De l'autre, les moments de contemplation
et d'introspection propres &#224; Kerouac. Nous avons essay&#233; de traduire cette
alternance dans le film. Pendant le tournage, nous avons v&#233;cu de tout :
des moments de bonheur, de doute, de joie et de d&#233;sespoir. Carnets de
voyage n'a pas &#233;t&#233; facile, mais Sur la route aura &#233;t&#233; dix fois plus
dur, &#224; commencer par le fait que la g&#233;ographie sud-am&#233;ricaine est encore
une derni&#232;re fronti&#232;re, alors que la nord-am&#233;ricaine est pollu&#233;e par des
Wal-Mart et autres McDonald's. Nous avons d&#251; aller loin, parfois tr&#232;s loin,
pour retrouver la sensation de d&#233;fricher un territoire. En cin&#233;ma, tout ce qui
se passe derri&#232;re la cam&#233;ra se traduit d'une mani&#232;re ou d'une autre sur le
n&#233;gatif. Apocalypse Now en est l'exemple ultime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur la route est un roman irrigu&#233; par le jazz, mais qui a influenc&#233; des
g&#233;n&#233;rations de rockers. Sur quel tempo danse votre film ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Carnets de voyage , le compositeur Gustavo Santaollala
avait travaill&#233; en amont et propos&#233; des th&#232;mes qui nous ont beaucoup
aid&#233;s pendant le tournage. J'entendais la musique pendant certaines
prises, c'&#233;tait tr&#232;s inspirant. Sur la route , lui, est parti d'un coup
gr&#226;ce &#224; MK2, tellement vite que nous n'avons pas eu le temps de pr&#233;parer
les choses en amont, &#224; l'exception d'un morceau de Slim Gaillard.
Gustavo a donc travaill&#233; apr&#232;s le tournage, alors qu'on commen&#231;ait le
montage. Ce proc&#233;d&#233; cr&#233;e un d&#233;calage entre image et musique qui me
para&#238;t plus int&#233;ressant. Pour la musique, Gustavo a collabor&#233; avec des
musiciens brillants comme Charlie Haden et Brian Blade, et les s&#233;ances
d'enregistrement &#224; Los Angeles ont &#233;t&#233; des moments de bonheur. J'aime
beaucoup le Liberation Music Orchestra men&#233; par Haden, et Charlie est
un conteur d'histoires assez incroyable&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Sur la route raconte l'histoire d'une jeunesse qui s'&#233;puise et se consume &#8211;
&#224; l'image des merveilleuses sc&#232;nes dans&#233;es. Comment avez-vous veill&#233; &#224;
ce que le jeu des acteurs refl&#232;te cette &#233;nergie vacillante ?
&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la force et le drame des personnages du film, ils br&#251;lent, br&#251;lent,
comme des cierges dans la nuit&#8230; Comment repr&#233;senter cette &#233;nergie &#224;
l'&#233;cran ? Dans la pulsion des corps et des gestes, le mouvement constant, la
danse. Mais il fallait aussi trouver les moments de silence, de contemplation,
qui permettent aux moments d'acc&#233;l&#233;ration d'&#234;tre ressentis comme tels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Comment avez-vous pens&#233; le casting ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; partir de 2004, le casting s'est mis en place au fil des ann&#233;es. Kirsten Dunst
a &#233;t&#233; la premi&#232;re actrice avec qui j'ai parl&#233;, pour jouer Camille. Je la trouve
toujours d'une grande justesse&#8230; Pour Kristen Stewart, &#231;a s'est pass&#233; de
mani&#232;re impr&#233;vue. Gustavo Santaolalla et Alejandro I&#241;&#225;rritu venaient de voir
un premier montage de Into the Wild et m'ont dit : &#171; Ne cherche plus
pour Marylou, la fille est dans le nouveau film de Sean Penn et elle est g&#233;niale. &#187;
J'ai rencontr&#233; Kristen juste avant que la folie Twilight ne commence,
et elle est rest&#233;e fid&#232;le au film pendant toutes ces ann&#233;es d'incertitude. Quant
&#224; Garrett, il est venu faire un essai. Il a demand&#233; &#224; lire un texte qu'il avait &#233;crit
dans un bus, entre le Minnesota et Los Angeles. &#192; la moiti&#233; de la lecture,
j'ai eu la certitude que Dean, c'&#233;tait lui. Il a lui aussi attendu des ann&#233;es,
d'autres films sont venus, il m'appelait toujours pour demander s'il devait les
faire ou pas. Une amiti&#233; s'est construite dans cette confiance mutuelle, comme
avec Gael Garc&#237;a Bernal. Concernant Sam, enfin, j'avais vu Control,
il &#233;tait brillant dans le film, et ses essais ont &#233;t&#233; d'une vive intelligence et
d'une grande pr&#233;cision.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Pourquoi avoir d&#233;cid&#233; de rassembler les com&#233;diens principaux dans un
&#171; camp beatnik &#187; en amont du tournage ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une exp&#233;rience que nous menons depuis Terre lointaine .
L'id&#233;e est d'essayer de cr&#233;er un collectif avant de commencer un film.
Des &#233;crivains comme Barry Gifford, qui conna&#238;t tr&#232;s bien Kerouac et
Sur la route, sont venus pour nous parler du livre et des personnages.
Barry a bien connu LuAnne Henderson, et &#233;couter ses enregistrements
avec elle a beaucoup aid&#233; Kristen. La fille de LuAnne est &#233;galement
venue, c'&#233;tait tr&#232;s &#233;mouvant. De m&#234;me pour John Cassady, fils de Neal.
Il a &#233;t&#233; tr&#232;s g&#233;n&#233;reux avec Garrett et nous a fait comprendre quelque chose
de fondamental : Sur la route n'est pas un r&#233;cit sur la Beat Generation,
c'est l'&#233;pop&#233;e de jeunes mecs de 18 ou 20 ans qui ne savaient pas, &#224; ce moment
de leur vie, qu'ils allaient tout chambouler. C'est ce qui vient avant la rupture,
les ann&#233;es de formation qui vont la fonder et la faire advenir, plus tard&#8230;
On se rapproche encore une fois de Carnets de voyage .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
O&#249; r&#233;side, selon vous, la modernit&#233; de Kerouac ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le d&#233;sir de tout explorer, de vivre, de sentir &#224; fleur de peau &#8211; et non
par procuration devant des &#233;crans. De ne pas refuser le moment. Durant
le tournage du documentaire, Lawrence Ferlinghetti et moi circulions en
voiture, &#224; San Francisco. Il a regard&#233; le pont de Berkeley embouteill&#233; et
prononc&#233; une phrase que je ne suis pas pr&#232;s d'oublier : &#171; You see, there's
no more away &#187;, &#171; il n'y a plus d'au-del&#224; &#187;. &#192; l'&#233;poque de Sur la route, il y
avait encore un monde &#224; cartographier. Borges disait que son plus grand
plaisir dans la litt&#233;rature, c'&#233;tait de nommer ce qui n'avait pas encore &#233;t&#233;
nomm&#233;. Aujourd'hui, on nous donne l'impression que tout a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait
ou r&#233;pertori&#233;. Cette implosion de l'espace et du temps,
Jia Zhang-Ke la traite admirablement dans The World.
Le film s'ach&#232;ve de fa&#231;on symptomatique par le suicide
des deux jeunes protagonistes. Sur la route, c'est comme un
antidote &#224; cet immobilisme. C'est ce qui me fascine le plus
dans le livre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
La Hudson est l'un des personnages-cl&#233;s de Sur la route :
c'est un lieu de disputes, de d&#233;sir, de rencontres&#8230;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ah, la Hudson&#8230; Elle est en effet un personnage &#224; part
enti&#232;re, comme &#171; La Poderosa &#187; de Carnets de
voyage , la moto Norton de 1947 d'Alberto et Ernesto.
L'int&#233;rieur est assez grand pour accueillir une petite &#233;quipe
de tournage. On a couvert 7 000 kilom&#232;tres non-stop
avec elle en sillonnant les &#201;tats-Unis, lors du tournage en
deuxi&#232;me unit&#233;. En chemin, des gens reconnaissaient la
voiture et venaient nous en parler&#8230; Il y a un culte de la
Hudson, et &#231;a nous a permis de faire des rencontres assez
uniques, dont plusieurs m&#233;caniciens hauts en couleur,
confessons-le&#8230; J'ai toujours aim&#233; les films de Steve McQueen
pour son jeu en retrait, d'une grande intelligence, mais aussi
pour sa dext&#233;rit&#233; au volant. Garrett a un peu ses qualit&#233;s,
il fait corps avec la voiture, ce qui nous a permis de faire
des sc&#232;nes avec les acteurs &#224; des vitesses&#8230; comment dire&#8230;
pas tr&#232;s r&#233;glementaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Walter Salles (R&#233;alisateur)
&lt;p&gt;Filmographie s&#233;lective&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2012 Sur la route&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2008 Une famille br&#233;silienne (co-r&#233;alisateur)
En comp&#233;tition officielle au Festival de Cannes 2008&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2006 Paris, je t'aime (segment - 16&#232;me arrondissement)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2005 Dark Water&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2004 Carnets de voyage
En comp&#233;tition officielle au Festival de Cannes 2004&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2001 Avril bris&#233;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1998 Central do Brasil
O urs d'Or au Festival de Berlin 1998&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1996 Terre lointaine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photos et dossier de presse t&#233;l&#233;chargeables sur &lt;a href='http://www.mk2pro.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.mk2pro.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;DCP et 35 mm - image 2.35 - son : 5.1 / Dolby SRD / SR / DTS - couleur - France, Br&#233;sil - 137 minutes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>THE DAY HE ARRIVES (MATINS CALMES &#192; S&#201;OUL)</title>
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		<dc:date>2012-05-01T14:18:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>SYNOPSIS Seungjun, un professeur de facult&#233; autrefois cin&#233;aste, vient rendre visite &#224; son ami Youngho &#224; S&#233;oul. Il d&#233;ambule dans le quartier de Bukchon, au nord de la capitale. Il rencontre de jeunes &#233;tudiants en cin&#233;ma qui finissent par l'exasp&#233;rer puis renoue, le temps d'une nuit, avec son ancienne ma&#238;tresse Kyungjin. Le lendemain, il rejoint dans le restaurant &quot;Le Roman&quot; Yungho et son amie Boram et fait connaissance de Yejeon, la jeune et jolie patronne de l'&#233;tablissement. Les rencontres et (...)

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&lt;a href="http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Prochaines sorties&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SYNOPSIS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Seungjun, un professeur de facult&#233; autrefois cin&#233;aste, vient rendre
visite &#224; son ami Youngho &#224; S&#233;oul. Il d&#233;ambule dans le quartier de
Bukchon, au nord de la capitale. Il rencontre de jeunes &#233;tudiants en
cin&#233;ma qui finissent par l'exasp&#233;rer puis renoue, le temps d'une nuit,
avec son ancienne ma&#238;tresse Kyungjin. Le lendemain, il rejoint dans
le restaurant &quot;Le Roman&quot; Yungho et son amie Boram et fait connaissance
de Yejeon, la jeune et jolie patronne de l'&#233;tablissement. Les
rencontres et discussions se poursuivent au fil des jours, dans un
espace-temps ind&#233;finissable, jusqu'&#224; ce qu'une jeune inconnue ne le
prenne en photo, ne fixant de lui qu'un visage m&#233;lancolique et distrait...
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
A propos de THE DAY HE ARRIVES
Entretien avec HONG Sangsoo&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;The day he arrives a &#233;t&#233; tourn&#233; en 7 jours entre le 10 et le 27 d&#233;cembre
2010 dans le quartier de Bukchon, sur la rive droite de S&#233;oul.
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
&#171; En attendant la neige sur S&#233;oul &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Je me rappelle que vous avez commenc&#233; &#224; tourner Oki's Movie pour
vous prouver que vous pouviez filmer dans n'importe quelles conditions,
m&#234;me les pires. Quelle fut votre motivation pour The day he
arrives ?
&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai fini Oki's Movie en hiver 2009, puis le film est sorti en salles et je suis
all&#233; dans quelques festivals. Le temps est pass&#233; tr&#232;s vite sans que je m'en
aper&#231;oive. Vaguement, je pensais tourner un nouveau film avant la fin
2010. Pour trouver des id&#233;es, j'ai pass&#233; quelques jours dans la petite ville
de Buan dans la province de Jeollabuk-do, mais je n'arrivais pas &#224; avancer.
J'ai eu ensuite l'occasion de passer quelques jours dans un h&#244;tel-r&#233;sidence
d'Insadong &#224; S&#233;oul. Ma chambre &#233;tait &#224; un &#233;tage tr&#232;s &#233;lev&#233; et je fumais parfois
au balcon. Depuis mon balcon je voyais le quartier de Bukchon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je regardais ce quartier sans y pr&#234;ter attention mais peu &#224; peu l'id&#233;e du film
m'est venue comme &#231;a. Bukchon est un des rares quartiers que je connais
sur la rive droite de S&#233;oul. Lorsque j'ai un rendez-vous sur la rive droite, je
vais toujours dans les deux ou trois m&#234;mes restaurants et toujours dans les
m&#234;mes caf&#233;s. C'est comme &#231;a qu'une id&#233;e m'est naturellement venue :
&#171; un homme va trois fois au m&#234;me endroit &#187;. Cette fois, je voulais r&#233;p&#233;ter
une situation, alors que dans mes pr&#233;c&#233;dents films seule la structure &#233;tait
r&#233;p&#233;t&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Dans Oki's Movie, vous avez d'abord film&#233; le premier &#233;pisode qui d&#233;crit
une journ&#233;e de Jingu et puis, pour avoir un long m&#233;trage, vous avez
assembl&#233; 3 autres &#233;pisodes. Dans le cas de The day he arrives, votre
point de d&#233;part &#233;tait : Seongjun, un cin&#233;aste, se rend &#224; S&#233;oul.
&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai d'abord fait le casting de Yu Junsang puis celui Kim Bokyung et Song
Sunmi. Je n'avais au d&#233;part qu'une seule id&#233;e en t&#234;te : que les personnages
aillent plusieurs fois au m&#234;me endroit. Apr&#232;s avoir choisi les acteurs, pendant
&#224; peu pr&#232;s un mois, j'ai pris quelques notes. J'ai h&#233;sit&#233; &#224; &#233;crire un traitement
mais, finalement, je ne l'ai pas fait. Pour Les femmes de mes amis,
j'avais 10 pages de traitement et pour Hahaha, quelques pages. Mais
depuis Oki's Movie, j' &#233;cris de moins en moins. Pour The day he arrives, je
n'avais que quelques m&#233;mos, comme un journal intime. Je me suis dit :
&#171; tournons au jour le jour, on verra bien &#187;. Parfois, un dialogue du jour pr&#233;c&#233;dent
me donnait des id&#233;es pour le tournage du jour m&#234;me. En proc&#233;dant
de cette fa&#231;on, j'ai tourn&#233; pendant 6 jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La derni&#232;re s&#233;quence de ce &#171; 6&#232;me jour &#187; &#233;tait la sc&#232;ne o&#249; Seongjun quitte
le bar &#171; Roman &#187;. J'ai alors demand&#233; &#224; mon &#233;quipe de me donner quelques
jours de r&#233;flexion. D'autre part, j'avais entendu &#224; la m&#233;t&#233;o qu'il allait neiger
et j'ai voulu attendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Parmi les endroits de Bukchon o&#249; les personnages se rencontrent,
aviez-vous en t&#234;te un endroit principal ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me quand je d&#233;cide d'un lieu principal, souvent je change en cours de
tournage. Comme je ne peux pas toujours bien payer les frais de location,
je me pr&#233;pare &#224; toutes les &#233;ventualit&#233;s. En revanche, je savais qu'un des
endroits principaux serait le bar o&#249; ils se retrouvent pour boire. L'ambiance
que cr&#233;ait le nom du bar &#171; Roman &#187;, l'all&#233;e qui y m&#232;ne, la d&#233;coration
int&#233;rieure, tout m'a plu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Apr&#232;s La Vierge mise &#224; nu par ses pr&#233;tendants, ceci est votre deuxi&#232;me
film en noir et blanc. A quel moment avez-vous fait ce choix ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lors du montage, j'ai essay&#233; de, passer l'image en noir et blanc, et j'ai appr&#233;ci&#233; l'ambiance. J'ai pr&#233;sent&#233; mes excuses &#224; mon chef op&#233;rateur Kim
Hyungkoo et lui ai demand&#233; son autorisation. Comme cela fait plusieurs
fois que nous travaillons ensemble, il m'a compris. J'aime beaucoup les
paysages hivernaux de S&#233;oul en noir et blanc, comme ceux que j'avais d&#233;j&#224;
film&#233;s dans La Vierge mise &#224; nu par ses pr&#233;tendants.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; S'en remettre au hasard &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Je crois que ce n'est pas la peine de vous demander quelles &#233;taient vos
intentions pour ce film. Au cours du tournage vous pouvez changer
d'id&#233;e selon les acteurs et les impr&#233;vus. Il me semble que c'est en grande
partie le hasard qui dirige vos films. J'ai donc plut&#244;t envie de vous
demander si cette fois le hasard a bien fonctionn&#233;.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, comme je vous l'ai dit, jusqu'au 6&#232;me jour de tournage, tout s'est bien
pass&#233;. Par exemple, le premier jour, j'ai film&#233; la sc&#232;ne o&#249; Seongjun rencontre
l'actrice dans la rue. J'ai rajout&#233; une phrase de dialogue, lorsqu'elle
lui dit : &#171; je vais voir mes &#233;l&#232;ves &#187;. Je ne pensais pas que ce bout de dialogue
me servirait plus tard lorsque Seongjun les rencontre. J'ai mis ce dialogue
au hasard mais il s'est r&#233;v&#233;l&#233; utile par la suite. La plupart des &#233;v&#233;nements
de notre vie sont le fruit du hasard, ce n'est qu'ensuite que nous les
relions artificiellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Cette fois-ci l'apparence de Yu Junsang (Seongjun) vous ressemble
beaucoup. Est-ce voulu ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pull de Yu Junsang est en effet le mien. Le premier jour de tournage,
j'avais mis ce v&#234;tement, Yu Junsang l'a ador&#233; et a insist&#233; pour le porter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;On peut diviser vos films en deux sortes. Ceux o&#249; les personnages voyagent
et les autres. Cette fois-ci, le lieu est S&#233;oul mais comme une destination
de voyage. Quelle est la diff&#233;rence entre le S&#233;oul de ses habitants
et le S&#233;oul des voyageurs ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seongjun vit maintenant dans une autre ville mais avant il &#233;tait s&#233;oulien.
On peut alors dire que c'est moiti&#233;-moiti&#233;. S&#233;oul est &#224; la fois la ville o&#249; l'on
voyage et celle dont on se souvient. C'est ce double statut de la ville qui
m'a plu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Si on &#244;te la sc&#232;ne d'amour, le lieu d'h&#233;bergement de Seongjun n'est
jamais d&#233;termin&#233;. Est-ce volontaire ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a un petit indice dans un dialogue lorsqu'il dit que l'appartement de
son fr&#232;re est vide. Le film est un r&#233;cit jour apr&#232;s jour, mais en m&#234;me temps
chaque jour semble le premier. Si je l'avais montr&#233; sortant d'un h&#244;tel ou de
chez son fr&#232;re, cela aurait cr&#233;&#233; un rep&#232;re temporel. On se serait dit : c'est le
lendemain et cela aurait d&#233;termin&#233; une temporalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Dans Oki's Movie l'identification des personnages &#233;tait ambig&#252;e, mais
dans The day he arrives, c'est le temps qui est ambigu. Notamment, la
sc&#232;ne du bar &#171; Roman &#187;, le temps est chaotique. Les personnages portent
toujours les m&#234;mes habits, parfois ils vivent une seconde situation
comme si c'&#233;tait la premi&#232;re fois.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par exemple, Seongjun et Youngho, les deux gar&#231;ons, croisent l'actrice.
Celle-ci dit alors &#224; Seongjun : &#171; Vous m'avez dit que vous alliez voir
Youngho et voil&#224;, vous &#234;tes avec lui &#187;. Ce dialogue contient l'information
que Seongjun et l'actrice se sont d&#233;j&#224; vus une fois. Mais comme la temporalit&#233;
est floue, on ne sait pas s'ils se sont vus la veille ou le jour m&#234;me. Le
film poss&#232;de ainsi deux axes. Dans le premier, les sentiments des personnages
et les informations s'accumulent. Dans le second, chaque jour
semble nouveau et les &#233;v&#233;nements ont l'air de se produire pour la premi&#232;re
fois. Ces deux axes vont et viennent, jamais totalement confondus, jamais
totalement s&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Lorsque Seongjun embrasse la propri&#233;taire du bar, Yejeon pour la
deuxi&#232;me fois, Yejeon semble ne pas se souvenir de premier baiser.
&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A 70% peut-&#234;tre ne se souvient-elle de rien. Mais &#224; 30% elle peut aussi bien mentir. J'ai parl&#233; des deux axes que prend le film : &#224; cet instant ils se croisent.
Apr&#232;s qu'ils se soient embrass&#233;s contre le mur, soudain Yejeon appelle
Seongjun &#171; ch&#233;ri &#187;. On a alors l'impression que Yejeon se m&#233;tamorphose
en Kyungjin (l'ancienne petite amie de Seongjun). Dans cette sc&#232;ne je
voulais que la Kyungjin du pass&#233; et la Yejeon du pr&#233;sent soient r&#233;unies en
une seule figure, qu'elles forment une seule entit&#233;, un seul corps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Juste apr&#232;s la sc&#232;ne o&#249; Seongjun et Kyungjin s'enlacent sur le lit, on
voit tout de suite Seongjun sortir de chez elle presque en continuit&#233;. Au
moment du tournage, connaissiez-vous d&#233;j&#224; la structure temporelle du
film ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le raccord que vous avez cit&#233; n'a pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par le montage. Je l'ai pr&#233;vu
le matin m&#234;me du tournage, et je l'ai film&#233; ainsi. Concernant la structure
temporelle, je l'ai con&#231;ue d&#232;s le 2&#232;me jour de tournage.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les fant&#244;mes m&#233;lancoliques du bar &#171; Roman &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
L'actrice Kim Bokyung joue un double r&#244;le. Comment l'avez-vous dirig&#233;e ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne lui ai pas donn&#233; beaucoup d'explication. Je lui ai juste pass&#233; les dialogues
et demand&#233; de les lire. Lorsque son expression correspondait &#224; peu
pr&#232;s &#224; mon intention, je ne rajoutais pas grand chose. Si c'&#233;tait trop diff&#233;rent,
je corrigeais quelques phrases. Je ne demande pas &#224; mes acteurs
d'analyser en profondeur leur personnage. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, &#231;a se passe
naturellement bien entre les acteurs et moi, sans que j'aie &#224; donner beaucoup
d'explication. Je crois qu'il y a une sorte de magie entre nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
La veille du dernier jour de tournage vous avez demand&#233; &#224; l'actrice Go
Hyunjung d'amener un appareil photo. Vous aviez d&#233;j&#224; &#233;crit la derni&#232;re
image du film &#224; ce moment-l&#224; ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai d&#233;cid&#233; que ces 4 personnages apparaitraient continuellement dans la sc&#232;ne : le r&#233;alisateur, le producteur, une ancienne compositrice pour le
cin&#233;ma et une fan des films de Seongjun. Il m'a sembl&#233; qu'il &#233;tait naturel
que cette derni&#232;re ait un appareil photo.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le dernier plan du film est tr&#232;s marquant, &#224; cause de l'expression de
Seongjun qui se fait photographier. Pour beaucoup de spectateurs, ce
dernier plan donne une tonalit&#233; de cauchemar au film entier.
Comment avez-vous dirig&#233; le jeu d'acteur ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je lui ai juste demand&#233; d'avoir l'air concentr&#233;. Je ne lui ai d'ailleurs pas dit
que ce serait le dernier plan du film. Pour que ce soit plus naturel, il ne
devait penser &#224; rien d'autre qu'&#224; la situation d'&#234;tre photographi&#233;. Les gens
ont des r&#233;actions diff&#233;rentes au sujet de mon film. Certains pensent que
c'est une com&#233;die, d'autres sont effray&#233;s. C'&#233;tait mon souhait : je voulais
des r&#233;actions contrast&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Qu'est-ce qui leur fait peur ?
&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque Kyungjin et Yejeon se superposent, des spectateurs ont &#233;t&#233; troubl&#233;s.
D'autres ont per&#231;u les clients du bar comme des fant&#244;mes. Certains
m'ont dit que cela d&#233;crivait le destin des hommes qui se r&#233;p&#232;te &#224; l'infini.
Quelqu'un m'a dit aussi : &#171; D'habitude, apr&#232;s tes films, j'ai toujours envie
d'aller boire, mais celui-ci m'a donn&#233; envie de vivre correctement. &#187;
D'autres personnes ont trouv&#233; le film tr&#232;s dr&#244;le. Donc, les r&#233;actions sont
tr&#232;s vari&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Comment &#233;valuez-vous votre propre travail ? Quels sont vos crit&#232;res
pour savoir si un de vos films est r&#233;ussi ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai bien s&#251;r quelques principes, auxquels je tente de me tenir, lorsque je
commence un film. Mais ceux-ci &#233;voluent sans arr&#234;t avec les acteurs, les
gens que je rencontre, les innombrables hasards et le temps qui passe. Cela
me convient. Je ne me fixe pas d'objectif. Je ne sais pas si je change ni
m&#234;me si je vais dans une quelconque direction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
En se s&#233;parant de Yejeon, Seongjun lui demande d'&#233;crire son journal
intime. Y a-t-il pour vous un point commun entre &#233;crire son journal
intime et faire un film ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a d&#233;pend de quelle sorte de journal intime. Normalement on &#233;crit un
journal intime en le remplissant de regrets. On vit dans un certain cadre,
on a une id&#233;ologie ou des responsabilit&#233;s, et on confie &#224; son journal ses
frustrations : pourquoi n'ai-je pas pu faire telle chose, avoir une autre existence,
etc. Ce genre de journal intime n'a rien &#224; voir avec faire un film. En
revanche, si on tient son journal d'une autre fa&#231;on, par exemple en d&#233;crivant
nos r&#233;actions devant les &#233;v&#233;nements qui nous arrivent, alors &#231;a pourrait
ressembler &#224; faire un film. Parfois l'acte d'&#233;crire nous am&#232;ne &#224; des
conclusions qu'on n'aurait pas imagin&#233;es. Ecrire pour regretter, pour se
consoler ou s'encourager n'a rien &#224; voir avec le cin&#233;ma. Avec le cin&#233;ma, je
me sens lib&#233;r&#233; de ce genre d'entrave.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Vous pensez &#224; quoi apr&#232;s avoir tourn&#233; un film ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s le tournage, j'attends. Je montre le film &#224; mes proches et j'attends
que le film sorte en salle. Mes films ne procurent pas le plaisir du cin&#233;ma
de genre et ils ne d&#233;livrent pas non plus de message.
Ce que les spectateurs retirent de mes films d&#233;pend de leur humeur ou de
leur situation. C'est en lisant ou &#233;coutant les r&#233;actions des spectateurs que
je comprends enfin la fa&#231;on dont mon film existe. Cela me permet de tourner
la page. Je fais seulement mon travail. Tant que je sens que je bouge
continuellement, je suis content.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;
Propos issus d'entretiens r&#233;alis&#233;s pour Cin&#233; 21, Movie Week
Traduction : Seo Seung-hee
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
FILMOGRAPHIE S&#201;LECTIVE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2010 OKI'S MOVIE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2010 HAHAHA&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2009 LES FEMMES DE MES AMIS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2008 NIGHT AND DAY&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2006 WOMAN ON THE BEACH&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2005 CONTE DE CIN&#201;MA&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2004 LA FEMME EST L'AVENIR DE L'HOMME&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2002 TURNING GATE&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2000 LA VIERGE MISE &#192; NU PAR SES PR&#201;TENDANTS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1998 LE POUVOIR DE LA PROVINCE KANGWON&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1996 LE JOUR OU LE COCHON EST TOMB&#201; DANS LE PUITS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cor&#233;e du Sud - 1h19
35 mm - 1.85 - Dolby SR&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dossier de presse et photos t&#233;l&#233;chargeables sur &lt;a href='http://www.acaciasfilms.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.acaciasfilms.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>NORMAN FOSTER</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>SYNOPSIS &#192; travers un voyage dans de nombreux pays, ce documentaire suit l'ascension de Norman Foster, n&#233; dans une famille populaire de Manchester et reconnu aujourd'hui comme l'un des architectes les plus brillants de son &#233;poque. POURQUOI CE DOCUMENTAIRE ? Le projet a &#233;t&#233; initi&#233; par Antonio Sanz, photographe, r&#233;alisateur, sc&#233;nariste et commissaire de plusieurs expositions internationales prestigieuses. Sa collaboration &#233;troite avec Ivory Press l'a conduit &#224; proposer cette id&#233;e dans la (...)

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&lt;a href="http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Prochaines sorties&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SYNOPSIS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; travers un voyage dans de nombreux pays, ce documentaire suit l'ascension de Norman Foster,
n&#233; dans une famille populaire de Manchester et reconnu aujourd'hui comme
l'un des architectes les plus brillants de son &#233;poque.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;POURQUOI CE DOCUMENTAIRE ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le projet a &#233;t&#233; initi&#233; par Antonio Sanz, photographe, r&#233;alisateur, sc&#233;nariste
et commissaire de plusieurs expositions internationales prestigieuses.
Sa collaboration &#233;troite avec Ivory Press l'a conduit &#224; proposer cette id&#233;e
dans la continuit&#233; du travail monographique entrepris par cette soci&#233;t&#233; d'&#233;dition
de livres et de magazines artistiques. Ce documentaire est le premier long&#8211;m&#233;trage produit
par Art Commissioners, soci&#233;t&#233; apparent&#233;e &#224; Ivory Press et dont Antonio Sanz est le directeur g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sp&#233;cialis&#233;e dans le commissariat et la promotion d'artistes comme Richard Long, Anish Kapoor, Sol Lewitt
ou Cai Guo-Qiang, Art Commissionners souhaite entreprendre avec ce film une s&#233;rie de productions
sur les figures clefs de l'art et de la culture au XXI&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;ELENA OCHOA FOSTER - PRODUCTRICE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elena Ochoa est pr&#233;sidente d'Ivory Press et Art Commissioners.
Professeur de Psychopathologie, collaboratrice de plusieurs journaux dont El Pa&#237;s,
journaliste &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision espagnole,
Elena Ochoa fonde la maison d'&#233;dition Ivory Press en 1996. Elle y dirige le CPhoto Project
visant &#224; promouvoir la photographie et l'art contemporain, via des publications comme C International Photo
Magazine, des expositions et des supports acad&#233;miques.
Membre du conseil d'administration de Mutual Art Trust, de la fondation Isamu Noguchi
et de la Tate Fondation de 2004 &#224; 2008, elle pr&#233;side le Conseil International de la Tate Gallery.
Elle est &#233;galement curatrice d'expositions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elena Ochoa Foster est mari&#233;e &#224; l'architecte Norman Foster avec qui elle a deux enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trajectoire du film&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce documentaire anglo-espagnol &#233;crit et narr&#233; par Deyan Sudjic (directeur du Design Museum et l'un des grands
&#233;crivains et critiques actuels du monde de l'architecture) a demand&#233; deux ans de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Montr&#233; pour la premi&#232;re fois lors du 60&#232;me Festival de Berlin, o&#249; il &#233;tait s&#233;lectionn&#233; dans la section Berlinale Special,
il a remport&#233; le prix TCM du public en tant que meilleur film europ&#233;en au Festival de San Sebasti&#225;n,
le prix du meilleur documentaire au Festival international du film documentaire de Louvain &#171; Docville &#187;
et le Grand Prix Documentaires au Festival2Valenciennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;NORMAN FOSTER&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Norman Foster est n&#233; dans une famille modeste &#224; Manchester le 1er juin 1935.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il quitte l'&#233;cole &#224; l'&#226;ge de 16 ans pour rentrer dans la vie active et effectuer son service militaire dans la Royal Air Force.
Tout en travaillant pour gagner sa vie, notamment &#224; la mairie de Manchester, il suit des cours d'architecture et d'urbanisme &#224; l'universit&#233; de Manchester d'o&#249;
il sort dipl&#244;m&#233; en 1961. Une bourse lui permet de rejoindre l'Universit&#233; de Yale o&#249; il obtient sa Ma&#238;trise d'Architecture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1963 il fonde le cabinet Team 4, en compagnie de Richard Rogers et de leurs &#233;pouses respectives, Wendy Cheesman Foster et Su Rogers.
Leur travail pour les usines Reliance de Swindon pose les bases de l'architecture dite High tech, qui sera leur marque de fabrique. En 1967, Team 4 est dissout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rogers travaille alors avec Renzo Piano, tandis que Foster monte le cabinet Foster Associates, aujourd'hui rebaptis&#233; Foster + Partners.
Norman Foster a remport&#233; plus de 300 r&#233;compenses et prix d'excellence &#224; travers le monde, et plus de 60 victoires en concours nationaux et internationaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1990 il est fait chevalier par la Reine d'Angleterre puis d&#233;cor&#233; de l'Ordre du M&#233;rite en 1997. Titulaire du prestigieux Prix Pritzker en 1999,
il est anobli la m&#234;me ann&#233;e. Il devient alors Baron Foster of Thames Bank.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Foster + Partners fait partie des plus importants cabinets mondiaux. Il compte plus de 500 collaborateurs r&#233;partis dans plusieurs agences
&#224; travers le monde et travaille sur des projets dans plus d'une vingtaine de pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;INTERVIEW DES R&#201;ALISATEURS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;En quoi ce film peut-il int&#233;resser un cin&#233;phile ?
Pourquoi un film autour d'un architecte ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Norberto L&#243;pez Amado (NLA)&lt;/strong&gt; : J'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par l'architecture et le myst&#232;re de la cr&#233;ation de chefs-d'oeuvre qui transcendent l'aire
d'intervention de leurs cr&#233;ateurs. C'est ce qu'accomplit Norman Foster et j'esp&#232;re que dans 50 ans, ce documentaire pourra toujours permettre
de conna&#238;tre la personne &#224; l'origine de ces b&#226;timents qui traverseront le temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Carlos Carcas (CC) :&lt;/strong&gt; Je ne suis pas architecte et je n'ai pas une grande culture architecturale.
La question principale pour moi est donc : &#171; pourquoi devrais-je me soucier d'architecture et en quoi m'importe-elle ? &#187;.
Je crois que le film pose cette question et d&#233;montre qu'un b&#226;timent n'est pas qu'une jolie chose, mais que la diff&#233;rence entre une cr&#233;ation intelligente
et une cr&#233;ation m&#233;diocre a un grand impact sur la vie des gens, en particulier dans les grandes villes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand et comment l'id&#233;e du documentaire est-elle arriv&#233;e ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
CC :&lt;/strong&gt; Antonio Sanz et moi avons travaill&#233; sur plusieurs projets avant celui-l&#224;. Cette id&#233;e de documentaire venait de fa&#231;on r&#233;currente dans nos conversations.
En 2007, Foster a re&#231;u le Prix Aga Khan d'architecture et j'ai &#233;t&#233; charg&#233; de suivre l'&#233;v&#233;nement.
Le voyage comprenait la visite de l'a&#233;roport de P&#233;kin avant son inauguration. Foster avait obtenu la permission de filmer pour la premi&#232;re fois depuis le d&#233;but des travaux.
J'ai donc film&#233; la remise du prix &#224; Kuala Lumpur mais aussi la visite de Foster &#224; l'a&#233;roport. C'est durant ce d&#233;placement que l'id&#233;e du film s'est vraiment concr&#233;tis&#233;e.
Les choses s'&#233;taient tr&#232;s bien pass&#233;es, nous nous &#233;tions bien entendus et Elena, qui vient plut&#244;t du monde de l'art, a compris que ce film &#233;tait une bonne id&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Faire un documentaire est comme faire un grand puzzle sans savoir &#224; quoi ressemblera l'image finale&#8230;
Pouvez-vous expliquer quel a &#233;t&#233; votre travail de pr&#233;paration ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;NLA :&lt;/strong&gt; Il s'agit d'un processus de construction lent, rigoureux et exigeant. Tout cela pour arriver &#224; la conclusion que &#171; moins est plus &#187;,
comme l'a appris Norman Foster de Buckminster Fuller, l'un de ses mentors. C'est devenu notre mot d'ordre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
CC :&lt;/strong&gt; En plus de potasser une montagne de livres sur l'architecture, le plus important pour moi a &#233;t&#233; de passer du temps avec Foster et les personnes qui travaillent avec lui.
A P&#233;kin, j'ai pu constater la pression extraordinaire exerc&#233;e sur l'&#233;quipe d'architectes charg&#233;e de construire le plus grand b&#226;timent du monde en un temps record.
Je me souviens de notre arriv&#233;e au terminal. Il n'y avait ni passagers avec leurs bagages ni taxis pour les attendre. Alors que nous approchions, j'ai d&#233;couvert cette
gigantesque lame futuriste se d&#233;tacher dans un ciel bleu et clair. Ma respiration s'est arr&#234;t&#233;e. C'&#233;tait comme atterrir sur Mars et tomber sur une colonie perdue.
J'ai r&#233;alis&#233; &#224; ce moment que j'&#233;tais entour&#233; de personnes tr&#232;s sp&#233;ciales. C'est pourquoi, lorsque nous avons r&#233;ellement d&#233;but&#233; le travail sur le film,
la premi&#232;re &#233;tape a &#233;t&#233; d'aller &#224; la rencontre de ces gens dans le bureau de Londres. J'ai assist&#233; &#224; des r&#233;unions,
fait des interviews mais au lieu de prendre des notes, j'ai utilis&#233; la cam&#233;ra qui est mon support de travail habituel.
J'ai donc beaucoup tourn&#233; au d&#233;but mais l'int&#233;r&#234;t pour moi n'&#233;tait pas forc&#233;ment de faire des rushes mais de conna&#238;tre ces gens et de me faire conna&#238;tre d'eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Vous aviez d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; d'autres films, qu'il s'agisse de documentaires, d'oeuvres de fictions ou de s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es.
Etait-ce tr&#232;s diff&#233;rent de r&#233;aliser ce documentaire ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
CC :&lt;/strong&gt; La principale diff&#233;rence &#233;tait d'arriver &#224; capturer le portrait d'une personne en perp&#233;tuel mouvement et qui traverse de grandes distances &#224; grande vitesse.
Ajoutez &#224; cela qu'au fond de lui, Foster n'avait pas envie que l'on fasse un film sur lui. Il a une liste impressionnante de choses &#224; faire et cela ne faisait certainement
pas partie de ses priorit&#233;s. Faire un film avec quelqu'un dont vous comprenez qu'il pr&#233;f&#233;rerait ne pas vous croiser avec une cam&#233;ra,
voil&#224; la v&#233;ritable difficult&#233; de ce film ! Mais finalement Foster s'est montr&#233; tr&#232;s g&#233;n&#233;reux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Que trouvez-vous le plus difficile : travailler avec des acteurs ou des b&#226;timents ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;NLA :&lt;/strong&gt; Filmer l'architecture est tr&#232;s compliqu&#233;. Je me suis fait une promesse : &#171; Filmons comme personne ne l'a jamais fait avant nous &#187;.
Nous avons d'abord voulu comprendre les b&#226;timents pour &#234;tre capable d'en rendre compte sans utiliser de mots. Nous avons voulu laisser parler l'architecture,
caressant chaque b&#226;timent pour mettre en valeur les d&#233;tails qui permettent sa compr&#233;hension.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
L'esth&#233;tique du film est impeccable, les images montrent les b&#226;timents depuis des points de vues privil&#233;gi&#233;s, inhabituels et parfois in&#233;dits&#8230;
Qu'avez-vous voulu montrer ? Quelles techniques de tournage avez-vous utilis&#233;es ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
NLA :&lt;/strong&gt; Nous avons voulu capter les &#233;motions qui se d&#233;gagent de chaque b&#226;timent : l'apesanteur, la spiritualit&#233;, la prise de risques.
J'ai envisag&#233; les b&#226;timents comme des personnages, avec leurs conflits et leurs vertus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;CC :&lt;/strong&gt; Il &#233;tait &#233;vident que ce film n&#233;cessitait deux approches. D'une part, la mise en valeur de l'architecture requ&#233;rait une technique cin&#233;matographique tr&#232;s aboutie
avec le mat&#233;riel, le temps et le soin qu'elle exige. D'autre part, les personnes devaient &#234;tre film&#233;es sur le vif, avec un &#233;quipement l&#233;ger.
En ce qui concerne l'architecture, Tito a su tr&#232;s vite qu'il devait faire une s&#233;lection de b&#226;timents pour raconter l'histoire. Faire un film sur des structures colossales
et immobiles a quelque chose de terrifiant. Tito et Valentin Alvarez, le directeur de la photographie, ont fait un travail formidable
parce qu'ils ont r&#233;ussi &#224; cr&#233;er une danse avec le public qu'ils parviennent &#224; faire voler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Travailler avec un artiste de cette envergure est toujours impressionnant&#8230;
Comment d&#233;cririez-vous Norman Foster apr&#232;s avoir pass&#233; tout ce temps avec lui ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
NLA :&lt;/strong&gt; Norman Foster est un homme qui ne rend jamais les armes, il sait ce qu'il veut et n'est jamais satisfait de ses cr&#233;ations
car il pense que tout est perfectible si on ne craint pas de prendre des risques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
CC :&lt;/strong&gt; Je pense avoir eu la chance de c&#244;toyer de nombreuses personnalit&#233;s remarquables, mais je n'avais jamais rencontr&#233; de personne aussi impliqu&#233;e,
aussi passionn&#233;e, aussi d&#233;vou&#233;e &#224; son art que Norman Foster. Foster est quelqu'un qui aime la beaut&#233; et veut partager cette beaut&#233;.
Il n'est pas issu d'un milieu privil&#233;gi&#233;, il s'est battu, a travaill&#233; et pris des risques pour tout ce qu'il a accompli. Je crois aussi qu'il inspire tous ceux qui travaillent avec lui.
D'ailleurs ma fa&#231;on de filmer a &#233;volu&#233; &#224; son contact.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;
Quel aspect de Norman Foster avez-vous mis en valeur dans ce documentaire ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
NLA :&lt;/strong&gt; Je voulais que le documentaire soit comme un miroir et j'&#233;tais donc le plus heureux des hommes lorsqu'en d&#233;couvrant
le dernier montage du film, Norman a d&#233;clar&#233; : &#171; ce documentaire, c'est moi &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
CC :&lt;/strong&gt; L'exp&#233;rience professionnelle de Foster est longue et r&#233;unit une large vari&#233;t&#233; de travaux. Pour chacun d'eux, il y a beaucoup de r&#233;flexion mais aussi
beaucoup d'amour et d'&#226;me. C'est ce que nous voulions montrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;LIEUX DE TOURNAGE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Viaduc de Millau, Gorges du Tarn, France&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Torre Collserola, Barcelone, Espagne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ancien si&#232;ge social de Swiss Re, Londres, Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si&#232;ge social de Hearst, New York, Etats-Unis&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sainsbury Centre for Visual Arts, Norwich, Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Agence Foster + Partners &#224; Londres, Madrid et New York&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Immeuble HSBC, Hong Kong&lt;/p&gt; &lt;p&gt;City Hall / More London, Londres, Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;American Air Museum, Duxford, Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si&#232;ge social de Willis Faber, Ipswich, Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;McLaren Technology Centre, Woking, Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Institut de Technologie Petronas, Malaisie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Millennium Bridge, Londres, Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The Sage, Gateshead, Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tour Al Faisaliah, Riyad, Arabie Saoudite&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A&#233;roport de Londres Stansted, Essex, Royaume-Uni&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Great Court du British Museum, Londres, Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Carr&#233; d'Art, N&#238;mes, France&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Universit&#233; libre de Berlin, Allemagne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nouveau parlement allemand, Reichstag, Berlin, Allemagne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A&#233;roport International de Hong Kong, Chek Lap Kok, Chine&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A&#233;roport International de P&#233;kin, Chine&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Masdar, Abu Dhabi, E.A.U.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#233;tro de Bilbao, Espagne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vall&#233;e de l'Engadine, Suisse&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Casa de Campo, Madrid, Espagne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Royaume-Uni / Espagne &#8211; 2010 &#8211; 1h18 &#8211; DCP &#8211; 1.85 &#8211; Couleur &#8211; Dolby Digital &#8211; VOSTF &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;AU CIN&#201;MA LE 16 MAI
&lt;a href='http://www.normanfoster-lefilm.com/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.normanfoster-lefilm.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>DE ROUILLE ET D'OS</title>
		<link>http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?article1329</link>
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		<dc:date>2012-05-01T14:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>malek</dc:creator>



		<description>NOTE DE R&#201;ALISATION Il y a quelque chose de saisissant dans le recueil de nouvelles de Craig Davidson &#171; De Rouille Et d'Os &#187; : le tableau d'un monde moderne vacillant, &#224; l'int&#233;rieur duquel des trajectoires individuelles, des destins simples, se trouveraient magnifi&#233;s par le drame et les accidents. Une vision des Etats-Unis en univers rationnel o&#249; les corps devraient lutter pour trouver leur place, pour tenter de bousculer le sort qui leur est r&#233;serv&#233;. Ali et St&#233;phanie, nos deux personnages (...)

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&lt;a href="http://www.ecrans-salamandre.com/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Prochaines sorties&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;NOTE DE R&#201;ALISATION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a quelque chose de saisissant dans le recueil de nouvelles de Craig Davidson
&#171; De Rouille Et d'Os &#187; : le tableau d'un monde moderne vacillant, &#224; l'int&#233;rieur duquel des
trajectoires individuelles, des destins simples, se trouveraient magnifi&#233;s par le drame et les
accidents. Une vision des Etats-Unis en univers rationnel o&#249; les corps devraient lutter pour
trouver leur place, pour tenter de bousculer le sort qui leur est r&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ali et St&#233;phanie, nos deux personnages n'existent pas dans les nouvelles, et le recueil de
Craig Davidson semble appartenir &#224; la pr&#233;histoire du projet, mais la force et la brutalit&#233; du
r&#233;cit, la volont&#233; de sublimer les personnages par le drame, par le m&#233;lodrame, en sont
directement issues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de notre travail d'adaptation, nous nous sommes tourn&#233;s vers une forme
cin&#233;matographique que faute de mieux nous appelions &#171; expressionniste &#187;, o&#249; la force des
images viendrait servir le m&#233;lodrame. Une esth&#233;tique tranch&#233;e, brutale et contrast&#233;e. Celle
de la Grande D&#233;pression, celle des films de foire, o&#249; l'extraordinaire &#233;tranget&#233; des
propositions visuelles sublime la noirceur du r&#233;el. Celle d'un monde o&#249; &#171; Dieu vomit les
ti&#232;des &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est cette forme qui nous a guid&#233;s tout au long de l'&#233;criture du sc&#233;nario. Elle porte cette
histoire d'amour qui est le v&#233;ritable h&#233;ros du film. Elle est le monde &#224; travers les yeux
d'un enfant perdu. Elle rend compte de la noblesse de nos personnages au milieu de la
violence d'un monde de catastrophe &#233;conomique. Elle respecte l'opini&#226;tret&#233; dont Ali et
St&#233;phanie font preuve pour s'extraire de leur condition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jacques Audiard et Thomas Bidegain&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SYNOPSIS
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#199;a commence dans le Nord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C'est son fils, il le conna&#238;t &#224; peine. Sans
domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa soeur &#224; Antibes. L&#224;-bas, c'est
tout de suite mieux, elle les h&#233;berge dans le garage de son pavillon, elle s'occupe du petit
et il fait beau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la suite d'une bagarre dans une bo&#238;te de nuit, son destin croise celui de St&#233;phanie. Il la
ram&#232;ne chez elle et lui laisse son t&#233;l&#233;phone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine
d'assurance. C'est une princesse. Tout les oppose.
St&#233;phanie est dresseuse d'orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au
drame pour qu'un coup de t&#233;l&#233;phone dans la nuit les r&#233;unisse &#224; nouveau.
Quand Ali la retrouve, la princesse est tass&#233;e dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses
jambes et pas mal d'illusions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il va l'aider simplement, sans compassion, sans piti&#233;. Elle va revivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
FILMOGRAPHIE JACQUES AUDIARD (r&#233;alisateur)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2012 DE ROUILLE ET D'OS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2009 UN PROPH&#200;TE
Grand Prix du Jury au Festival de Cannes
C&#233;sar du Meilleur Film et du Meilleur R&#233;alisateur&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2005 DE BATTRE MON COEUR S'EST ARR&#202;T&#201;
C&#233;sar du Meilleur Film et du Meilleur R&#233;alisateur&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2001 SUR MES L&#200;VRES&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1996 UN H&#201;ROS TR&#200;S DISCRET
Prix du Sc&#233;nario au Festival de Cannes&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1994 REGARDE LES HOMMES TOMBER
C&#233;sar du Meilleur Premier Film&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Sortie le 17 mai&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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