En 1858, Bernadette Soubirous, qui vit pauvrement dans une famille nombreuse, avec des parents aimants, un jour de corvée de bois, croise la grotte de Massabielle à Lourdes et des mouvements surprenants de la végétation à l’entrée de la grotte l’amènent à découvrir une apparition… Cette apparition va se produire plusieurs fois. « L’apparition » va conduire Bernadette à révéler une source du fond de la grotte, source d’eau miraculeuse puisqu’elle permettra de redonner la vue à un aveugle et bien d’autres choses encore…
Cette découverte va mettre beaucoup de monde dans l’embarras au cœur des pouvoirs en place de ce second empire. Ils se seraient bien passés de cet engouement qui déplace les foules et crée des mouvements qu’il faut contrôler : la hiérarchie de l’église est elle-même embarrassée, il va falloir qu’elle enquête et se prononce ce dont elle se passerait bien volontiers, le corps médical entre en jeu lui aussi et doit donner son avis comme on le presse, les journaux locaux et nationaux font de l’événement leur une et tout le monde finit par avoir un avis et proposer « sa » version et « sa » solution bien évidemment…
Bernadette ne sait ni lire ni écrire, elle a simplement la foi, va au catéchisme mais sans plus, ce n’est pas à proprement parlé une « bigote », elle est une jeune fille de la campagne et de son temps. Comme l’apparition dont elle dit avoir été le témoin dérange beaucoup, elle va être livrée aux pouvoirs politiques, à la hiérarchie catholique, aux médecins… Qui vont faire pression sur elle pour qu’elle récite une histoire qui pourrait les arranger tous. Mais Bernadette s’en tient à ce qu’elle a vu et à sa version. On veut lui faire dire qu’elle a vu la vierge, elle maintient qu’elle a vu la silhouette d’une femme et ne sait même pas ce qu’est une vierge. On veut la faire passer pour folle mais elle trouve des soutiens qui affirment qu’elle est saine d’esprit etc … etc… Toutes les tentatives échouent y compris celle de fermer la grotte par une palissade aussitôt démontée comme un vulgaire Mac Do… Le curé de la paroisse doit finalement mettre Bernadette à l’abri dans un couvent pour la soustraire à cette agitation qui la dépasse…
C’est là qu’elle va trouver la paix et accomplir son vœu le plus cher : devenir religieuse. Mais on ne sait pas trop à quelle tâche l’affecter, elle est bonne à rien… Inutile… Encouragée par « Monseigneur », elle va persister à être inutile et va trouver sa place auprès des malades qu’elle va assister au prix de sa propre santé.
C’est un film plutôt à ranger dans la catégorie des films pour le petit écran. Utilisation massive des gros plans, décors convenus et bien soignés, maquillages irréprochables etc… La distribution est étonnante pour un tel film dans lequel les acteurs et actrices ne semblent pas être toujours bien à l’aise. De mon point de vue d’agnostique au premier degré, je ne me prononce pas sur le fond de l’histoire, mais il me semble que le film aurait gagné à creuser davantage ce qui n’est qu’effleuré : à savoir le rapport de Bernadette à tous les pouvoirs que sa révélation dérange quand elle ne les secoue pas. C’est un film de nature à convaincre les convaincus et à attirer ceux qui sont déjà dans cette histoire qu’ils connaissent bien et à conforter Lourdes dans sa vocation, religieuse, touristique, et mercantile.
La jeune actrice qui interprète Bernadette est bien dans son rôle d’innocente un peu « lunaire ».
Charles GAUBERT. Projo du GRAC du 18 10 11 au cinéma Comœdia de Lyon.
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